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Loiseau (Nathalie)

Loiseau

Coup dans l’aile pour l’euro-députée LREM? Alors qu’elle briguait la présidence de son groupe politique (multinational) à Bruxelles, l’ex-tête de liste ‘macroniste’ s’en est pris à quasiment tous (-tes) ses concurrent(e)s, ce qui ne semble pas arranger les affaires (ni l’image) de ses collègues français. Seul nom de la campagne politique suffisamment transparent pour se passer de commentaires, il recèle pourtant un sens parfois inattendu…

C’est l’exemple-type du patronyme-piège car tellement évident qu’on hésite finalement non pas sur l’étymologie de la racine mais sur sa signification réelle. D’abord, on se doute bien que Loiseau est une agglutination (*) de L’oiseau. La question va être de savoir pourquoi on a baptisé un humain avec un mot en référence à un animal, et comment ce patronyme a trouvé sa légitimité au cours des siècles. Par ailleurs, l’autre question qui vient quasi-automatiquement est «…un oiseau oui, mais, si c’est bien ça, lequel? ».

C’est un nom qui a fait souche dans le Centre-Ouest du pays ou sous une forme plurielle dans l’Est et le Nord (Loiseaux); on trouve également une nichée en Normandie, avec la variante non vocalisée (*) en Loisel. Loiseau est en fait l’orthographe moderne d’un Loisel médiéval, lui-même issu du charabia de la fin de l’Empire Romain d’après le latin ‘avis’ (=oiseau) qui a donné les mots français ‘aviculture’ (l’élevage des oiseaux), ‘avicole’ (qui a un rapport avec oiseaux) et même…’aviaire’ (la grippe transmise par les oiseaux).

Puis le mot se transforme en ‘avicellus’ (le petit oiseau) puis avicelle, aucelle en vieux-français, puis auzelle, auzel, oisel, et…oiseau (d’accord, c’était pas évident au décollage). La meilleure preuve que l’étymon (la version initiale) de oiseau était bien oisel, c’est que tous nos mots dérivés ont gardé le L, comme dans oiseleur, oiselier, oisellerie et enfin le petit oiseau, l’oisillon (dont le suffixe diminutif en -on est le même que pour garçon (le petit gars, autrefois garson), girafon (la petite girafe), carafon (la petite carafe), etc…

C’est là que les interprétations divergent, mais elles sont toutes assez poétiques. Ce dont on est sûr, c’est qu’il s’agit d’un surnom, appliqué à quelqu’un dont le comportement (on ne peut pas imaginer que ce soit le plumage!) faisait penser à un oiseau. Quelqu’un de gai…comme un pinson (c’est la raison du patronyme); ou quelqu’un qui chantait bien (comme un rossignol, par exemple). Ne parlons pas des Corbeau, qui sont en général une moquerie sur la forme du nez (en bec de corbeau), ni de la pie pour quelqu’un de bavard ou habillé de noir (le nom Lapie existe, mais le plus souvent, on trouve dans nos régions Lajasse).

Il y a aussi Laronde (pas la ronde, l’aronde, nom latin de l’hirondelle), surnom d’un voyageur; Laigle pour celui qui a la vue perçante, Moineau pour celui qui est…habillé en marron (comme un moine, c’est d’ailleurs l’origine du nom du volatile, à cause de ses plumes), etc…Bon. Mais tous ces noms ont des détails trop précis pour s’appliquer aux Loiseau. Faut-il en conclure qu’il s’agit là d’un sobriquet plus générique, dont on gratifiait quelqu’un de léger (physiquement ou…intellectuellement, «une tête d’oiseau»)?

L’autre hypothèse la plus fréquente est que l’ancêtre était en fait un oiseleur, autrement dit un marchand d’oiseau(x), ce qui est assez cohérent par rapport à la tradition onomastique (la science des noms propres). En effet, quand on avait à désigner quelqu’un que l’on ne connaissait pas, on se servait souvent de son métier (Letellier -pour la toile, Tanneur, Boucher, Lemercier, etc), lequel était caractérisé par un objet ou le produit qu’il vendait.

Alors, vendeur d’oiseaux? Montreur ou dresseur d’oiseaux? Il y a une dernière variante à Loiseau, moins professionnelle, qui est Loiseleux, avec une terminaison péjorative (comme taiseux, grincheux, hideux, niaiseux, etc.) qui dénotait un mauvais oiseleur, sans doute un braconnier qui piégeait les oiseaux au filet ou à la glu pour les attraper. Finalement de drôles d’oiseaux, ces Loiseau; et, comme disait le bon Jeannot (de la Fontaine), si le ramage se rapporte au plumage…

(*) voir si besoin dans l’onglet ‘Bréviaire’ en haut de page pour toutes les définitions.


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