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lynchage

lynchage

C’est l’un des termes dont se seront plaint de façon récurrente certains politiciens entre les deux tours de cette élection présidentielle de 2012…On s’aperçoit avec stupéfaction que beaucoup de nos concitoyens pensent qu’il s’agit, avec ce mot, d’une déformation de…léchage, même si l’on voit bien la proximité que peuvent avoir ces deux comportements, puisqu’il est de plus en plus souvent suivi du terme ‘médiatique’. On a toujours sans doute raison de se plaindre des journalistes (dont je suis), surtout ceux dont le noble métier consiste à frapper à la vitre arrière d’une voiture lancée sous la pluie pour extorquer à son passager une déclaration dont on se doute qu’elle marquera l’Histoire.Mais de là à confondre léchage et lynchage, on passe d’un extrême à l’autre.

En réalité, lynchage n’est pas français (vous pensez bien, ce n’est pas en France qu’on couperait la tête de quelqu’un); il s’agit d’un mot typiquement…irlandais, puis anglais, et enfin américain; c’est même grâce à (ou à cause d’)un américain qu’on en a écopé. A l’origine, il y a un très ancien terme de dialecte gaélique (même pas encore irlandais, au sens où on l’entend aujourd’hui), qui est ‘loing’, et qui évoque un…bateau! Sur ce navire, on fera monter un marin, qui va alors prendre le nom de ‘loingseach’ (ne cherchez pas à prononcer, le son gaélique n’a rien à voir avec l’écriture!). Quelques siècles plus tard, un O’Loingseach, fils du-dit ancêtre marin, traversera l’Atlantique pour s’établir en Virginie, où il devint fermier; c’est à cette époque que son patronyme va être ‘raboté’ à la sauce locale, pour être compris par tous les immigrés, et ainsi nait Charles Lynch (qui s’écrivait donc Loingseach, en famille!).

Nous sommes alors juste avant la guerre d’Indépendance des Etats-Unis, période un peu tendue dirons-nous, et notre Charlot, qui est plutôt du genre caractériel, s’avise que la justice est décidément beaucoup trop clémente avec ceux qui viennent s’occuper de ses plantations la nuit. Il décide donc d’une réforme beaucoup plus expéditive, et crée en 1837 la ‘Loi de Lynch’, dont le premier (et seul) article consiste à pendre haut et court le premier suspect venu (ou ramené), surtout s’il a la peau noire.

Voilà comment est né notre ‘lynchage’, le français se contentant de récupérer le nom du triste sire, d’en faire un nom commun (il a donc perdu sa majuscule) et d’y accoler le suffixe -age pour exprimer une action, comme pour des milliers d’autres mots. (Si votre plumage se rapporte à votre goudronnage…). Aucun rapport donc avec l’autre erreur que l’on entend parfois: beaucoup de gens pensent qu’il s’agissait d’un jugement violent, donc aussi sauvage que…le lynx; la pauvre bête n’y est vraiment pour rien (et pourquoi pas le cougar ou le diplodocus, tant qu’on y est).

Heureusement, tous les Lynch ne sont pas des fanas du noeud coulant: dans les années 1750, descendant d’une autre branche (anglaise, celle-là), un certain Thomas Lynch épouse une demoiselle française, héritière d’un domaine de ‘Bagès’, dans le Médoc, et dont l’association des noms excitera les papilles des amateurs de grands crus dans le monde entier. Voilà une autre forme de ‘lynchage’, pour lequel on irait volontiers jusqu’à lécher la bouteille…


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