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Ministre

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Franchement, il y a des gens qui n’ont pas de chance, car on les appelle d’un mot qui les diminue, alors qu’ils sont nommés aux plus hautes fonctions, je veux parler de nos pauvres…ministres, et voici pourquoi.

Un ministre, cela vient d’un mot latin, qui est ministerium, vous l’auriez peut-être deviné, sauf que cela signifie un…serviteur, c’est à dire plutôt quelqu’un habitué à obéir qu’à donner des ordres, comme on se figure (peut-être à tort) la fonction en question. En fait, le ministre chez les Romains, c’est celui qui est ‘minis-magister’, c’est à dire ‘moins que le maître’, donc celui qui le sert, lequel peut être préposé aux repas, aux vins ou autres tâches domestiques. C’est d’ailleurs le sens encore actuel des ‘ministres du culte’, serviteurs de Dieu et de leur communauté et non pas…ad-minis-trateurs! Donc, allez-vous me dire tout émerveillé, cela tombe bien: un ministre, c’est littéralement un serviteur de la République (comme ils disent), le terme est donc parfaitement choisi, et d’ailleurs, je ne connais pas de ministre qui ne se soit réclamé, un jour au l’autre, de la noblesse du rôle de serviteur de l’Etat.

Soit. Laissez-moi alors mettre en parallèle un autre mot qui est cette fois un “magistre”, mot un peu tarabiscoté moitié latin moitié français, qui a donné dans notre langue actuelle l’adjectif…magistral (évidemment), lequel s’est contracté en “maîstre” puis maître. Or, dans “magistre”, il y a l’adverbe latin “magis”, qui signifie beaucoup, voire trop. Un maitre, c’est quelqu’un qui a beaucoup de connaissances (forcément), beaucoup de talent (parfois), et beaucoup de pouvoir (pas toujours).
Je reviens alors vers notre “ministre”, en vous faisant remarquer que le mot commence par “mini” (mini-mini) pour quelqu’un qui a un «grand» pouvoir; alors que “maitre-magister” commence par “magis- ou maxi-”, pour celui qui n’a de puissance que sur ses élèves ou ses disciples, et encore…

Mais il y a pire dans la langue française: si vous faites une croisière en bateau et qu’on vous appelle ministre, préparez-vous à une traversée laborieuse, car c’est le surnom ironique qu’on donne au(x) marin(s) préposé(s) au…nettoyage des machines. Et pire de pire : dans le milieu de la prostitution, si l’on vous annonce la visite du ‘ministre de l’intérieur’, c’est qu’il s’agit du majeur (le doigt), que l’on va utiliser sur vous d’une façon qu’il ne m’est pas possible de détailler ici…

Pour en terminer avec nos (vrais) ministres, on peut au moins se réjouir que l’usage ait retenu l’expression « Mme le Ministre » et non la ministresse (maxi-stress?). L’étymologie nous apprend donc que les “mini-” en ont le maximum, et que les “maxi-” en peuvent un minimum. Remarquez, j’ai connu quelques maitres qui se prenaient pour des ministres; et il doit bien y avoir aussi des ministres qui se la jouent «petit-maitre». Au moins étymologiquement!


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