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Montesquiou (Aymeri de)

Montesquiou

N’en tirez (bien sûr) aucune conclusion particulière sur la réticence de certains hommes politiques à la transparence de leur patrimoine, mais le ci-devant sénateur UDI du Gers, et néanmoins…vice-président de la Commission des Finances du Sénat (!), est actuellement questionné sur l’existence de comptes en banques (étrangères) et d’inexistence de déclaration d’oeuvres d’art. Coup de projecteur étymologique sur cet homme du Gers qui gère ses affaires depuis une Gascogne natale quasi-évidente…

En effet, la seule terminaison de son nom nous oriente immédiatement vers le sud-ouest (au contraire de son prénom, mais nous y reviendrons), avec ce ‘-ou’ très patoisant, du moins pour un parisien, qui préfèrera évidemment son célèbre homonyme bordelais Montesquieu, de son petit nom à lui Charles-Louis de Secondat, baron de la Brède (stop). Mais Aymeri n’est pas de reste en la matière, puisque son patronyme officiel nécessite encore environ trois lignes de lecture, soit Aymeri Francis André Philippe de Montesquiou-Fezensac d’Artagnan, Marquis de Montesquiou-Fezensac .

Cela coûte probablement plus cher en cartes de visite, mais au moins, contrairement à certains porteurs de ‘particules’ snob (étymologiquement, en latin: sine nobilitate, sans noblesse) et qui ne sont ‘que’ des indications de provenance, du type (Giscard) d’Estaing, M.le marquis (et aussi duc) est un authentique descendant de l’aristocratie française (1). Par contre, malgré les apparences, notre maladroit bretteur comptable gersois n’a aucun rapport (généalogique) avec le dragueur d’Anne d’Autriche, le fameux Charles de Batz dit d’Artagnan. On va donc se concentrer sur le ‘montesquiou’ (2).

Vous avez sûrement déjà deviné le ‘montage’ du mot: mont-esquiou (ou esquieu, donc), ce qui commence avec l’une des racines les plus éminentes (et pour cause) de la langue française empruntée au latin, une histoire de…colline -rarement de vraie montagne- repère topographique incontournable (surtout certains) pour nommer un lieu puis une personne, à côté des forêts, des fleuves ou ruisseaux, et des cailloux (cette fois, souvent agglomérés en montagnes). Bref, il y a du sommet (à défaut d’éminence) dans cet homme-là, du moins chez son ancêtre, dont la résidence (ou la propriété) était bâtie sur une colline, ou comportait d’une façon ou d’une autre un promontoire.

Pas facile d’y accéder probablement, car ce ‘mont’ était ‘esquiou’, adjectif gascon donc (esquiù, en v.o), qui pique autant qu’il fait du bruit à prononcer, avec le sens de hostile, farouche, difficile à aborder. Le qualificatif concernait aussi bien, au sens figuré, le caractère d’une personne (ce qui n’est pas le cas ici) ou d’un lieu réputé compliqué ou dangereux à aborder (une pente raide, un à-pic de falaise). Et vous savez quoi? Ce mot qui sonne si bon le patois est en fait un ‘résidu’ du passage des Germains dans la région, qui ont laissé trace de leur «skiuh», attribué à un guerrier sauvage ou dédaigneux (aucun rapport avec notre Aymeri).

Parmi les dizaines de ‘mont-quelque chose’ qui se sont constituées en nom de famille, voici quelques originaux intéressants, et célèbres : les Montespan (tout va très bien, Mme la marquise), issus d’une francisation de ‘monte-espa(g)nol’; ou encore les Montpensier (princesse de littérature), d’après un mont-pansié (avec un ‘a’ à l’origine) déformation de mont-pansu, c’est-à-dire arrondi comme…une panse; et les Montrevel (mont-rebelle, ça c’est facile). Clin d’oeil de l’étymologie, signalons «l’autre» mont-esquiou difficile à prendre, constitué en fait d’une fortification (burg) sur la colline, qui s’appelle donc…Montebourg!

Terminons donc sur un petit mot concernant son (très noble) prénom d’Aymeri (de grâce, ne mélangeons pas avec les Aymery, Aymeric, Eymeri, Emeric, même si c’est stricement la même chose); il s’agit encore d’une composition germanique, avec un ‘h’ non aspiré (donc ‘faible’, qui a disparu dans l’histoire), ce qui nous donne ‘haim’-'eri/ari’, respectivement maison-armée, surnom possible d’une personne en rapport avec une caserne ou un bâtiment d’intendance (sorte de maréchal des logis?).

Ultime retournement de vocabulaire: à côté d’Arnaud Montebourg, voici alors qu’apparait celui dont le nom s’inspire directement de la racine ‘maison’, autrement dit ‘haimon’, devenu Hamon (Benoit). Décidément, en politique, Aymeri semble cerné; au moins étymologiquement…


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