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Morelle (Aquilino)

Morelle

C’est l’homme dont on parle en cette fin de semaine, et pourtant, c’est plutôt lui qui faisait en général parler les autres, puisqu’il était chargé de communication au Palais de l’Elysée (et donc proche conseiller de François Hollande), pour informer ceux de nos lecteurs (y compris français) qui ne seraient pas passionnés par la mesquinerie du quotidien politique. Mais celui qui en parle le mieux, c’est le site d’information MediaPart, qui raconte de long en large (de la semelle) les habitudes de cirage de pompes -au sens propre…forcément- du monsieur, ainsi que quelques détails de négociations financières suspectes et néanmoins agaçantes en cette période de restrictions budgétaires, pour ne pas dire d’austérité (1).

Quelques mots d’étymologie ne seraient donc pas superflus pour expliquer l’origine -linguistique- de cet ‘homme de l’ombre’, et donc forcément un peu sombre, puisque telle est la racine de son nom. Morelle, dont le foyer d’implantation se situe, historiquement, plutôt dans le Nord de la France, est l’un des nombreux avatars de Moreau, donc maure, et a servi à désigner, il y a de nombreux siècles, quelqu’un à la peau mate, ou en tout cas plus foncée que celle de ses voisins, concitoyens, ou congénères (nuances); vu la localisation du mot (la Picardie, la Somme ou la Flandre), avoir le teint un chouïa plus bronzé que la moyenne ne devait pas être trop difficile…

Car, contrairement aux régions du Sud (Languedoc, Roussillon, par exemple), où le terme a pu simplement désigner des paysans tannés par le soleil, il s’agit probablement ici d’un véritable teint de peau, possiblement apporté par des…Espagnols, longtemps maitres de la région (géographique, pas administrative) des Flandres. Qui plus est, cette variante est ce que l’on appelle un ‘matronyme’ (et non un patronyme), qui est évidemment un nom transmis par la mère (et non le père), en raison d’un ‘défaut de lignée directe’, pour cause de décès du porteur, à la guerre, ou de maladie, ou tout simplement d’absence conjugale. Allez savoir avec qui a fricoté avec l’arrière grand-mère (au trentième degré) d’Aquilino (tiens, ce prénom, ne serait-il pas de source hispanique…)

Pas besoin donc de tanner davantage le Morelle pour avoir quelques informations sur sa couleur (politique?), ni le charger d’une hypothèse que m’a transmise un lecteur, et dont je ne peux pas publier ici le contenu intégral: « n’y aurait-il pas un rapport avec la morue? » Réponse: hormis le fait de savoir nager entre deux-eaux, strictement aucun rapprochement n’est possible, le nom du poisson qui a fait (en son temps) la fortune de Biarritz, étant probablement d’origine celte, en raison des tribus qui ont longuement occupé le quart sud-ouest du pays, bien avant les Gaulois puis les Romains; sachant que la syllabe ‘mor’ signifiait…la mer (comme en breton, justement!), cette morue désigne tout littéralement le ‘poisson de la mer’. Sans blague…

Bon, on se dit qu’il y a sans doute une autre hypothèse, parce que si tous les poissons de la mer s’appelaient morue, on s’y perdrait un peu au bout d’un moment, surtout que, dans ce coin du Pays Basque, il y avait aussi beaucoup de brochets (ou merlus, ou tout autre espèce approchante, car à l’époque, on n’avait pas les idées très précises sur la nomenclature halieutique). Or, toujours dans le répertoire celte local, comment nommait-on ce poisson? Le ‘luz’, ce mot qui est à l’origine du village de St-Jean de…, et non pas la luz espagnole (la lumière), confusion facile en raison de la proximité de la frontière, et que beaucoup justifient en raison de la brillance de la mer au coucher de soleil (2), alors qu’il s’agit seulement de la production de pêche locale!.

Finalement, la seule chose qu’Aquilino n’aura pas vu arriver, c’est l’annonce de sa démission, lui qui porte pourtant un prénom…aquilin (aquilino = le petit aigle), c’est-à-dire qui a les caractéristiques de cet oiseau dont les hommes ont adopté les qualités de regard perçant pour qualifier une personne à la vision particulièrement aigue. A moins que ce ne soit à cause des serres crochues du rapace. En tout cas, étymologiquement…

(1) voir chronique précédente.
(2) Là encore, si toutes les villes littorales s’appelaient ‘de luz’, même sur la Côte d’Argent…


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