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Mulliez Groupe

Mulliez

Les employées de la chaine de magasins Pimkie (1) sauront-elles résister avec obstination aux négociations syndicales qui doivent décider de leur sort (la fermeture d’une partie des boutiques et le licenciement de leurs salariés)? Il faudra en tous cas prendre en compte l’étymologie du propriétaire du Groupe international, la famille Mulliez, qui a bâti sa réussite (et sa fortune) avec la création de ‘Auchan’, le géant de la distribution originaire du Nord.

En effet, tous les noms se finissant par ‘z’ ne sont pas forcément d’origine hispanique, en tous cas récente. Car s’il y a des Mulliez, des Thiriez ou des Wauquiez (2) dans l’ancienne zone -historique- des Flandres, c’est bien qu’il fut un temps où le royaume de France s’arrêtait (péniblement) à Beauvais au nord et à Melun à l’Est, et nettement moins encore au temps des grandes invasions; bref, les actuels département du Pas-de-Calais, du Nord, des Ardennes et tous leurs voisins proches faisaient partie d’un territoire ‘hollandais’ longtemps administré par la couronne d’Espagne, d’où cette présence linguistique (3).

Logique donc que, quelques siècles plus tard, de nombreuses familles ‘typiquement’ nordiques (nordistes?) depuis plusieurs générations aient perdu ce lien de provenance géographique pour imposer des racines venues se frotter aux règles onomastiques du français, en l’occurrence le latin ‘mulus’ (mula au féminin) qui met le sabot dans notre pays au 11ème siècle pour désigner, comme à Rome, une mule.

La mule, avant d’être la chaussure que vous entêtez à enfiler dès le retour du bureau à la maison, est le produit d’un âne et d’une jument (ou inversement parfois, cheval + ânesse, au lieu de bardot) et représente, à cause de son géniteur mâle, la quintessence de la mauvaise tête qui refuse d’avancer. Par conséquent, l’homme qui en a la responsabilité -et parfois le caractère- va être appelé Mulier, Mullier ou Mulliez, surnom plus ou moins déformé du muletier.

On trouve également des Mulley (dans l’Est), des Mulette (diminutif), des Mulleau (en Val de Loire, ne pas confondre avec le gros rat), des Mulineau et même des Mulocheau, tous (autrefois) concernés de près ou de loin par une activité de transport à dos d’âne, ou même…d’homme, si l’on en croit le sens dorénavant réservé aux passeurs de drogue obligés d’ingérer au péril de leur vie les sachets de poudre blanche qu’ils devront faire transiter par des chemins autrement plus dangereux que les romantiques ‘sentiers des douaniers’ montagnards du 19ème siècle.

Ces mules-là ne sont que du menu fretin pour les services de police, contrairement au mulet que vous pouvez retrouver au bout de votre canne à pêche, lequel n’a rien à voir évidemment avec l’équidé puisqu’il vient d’un autre mot latin ‘mullus’, qui désignait…une engelure au talon. Que rapport? Qui dit engelure dit blessure ou rougeur, donc le futur cousin de la carpe, dont nos Anciens avaient remarqué des taches rouges sur la peau (sans doute les reflets brillants, tout simplement) avaient décidé de baptiser celui qui se nommera également le rouget (4)!

Ne finissons pas sans préciser que le Mulliez n’est pas un Muller (müller) comme ont pu l’écrire certains dictionnaires un peu rapides, lequel concerne le ‘meunier’ germanique. Et il ne manquerait plus que les employées de Pimkie se fassent aussi rouler dans la farine; sauf étymologiquement bien sûr.

(1) ou Pimckie, première orthographe de l’entreprise
(2) Voir également l’article consacré à chacun en archives
(3) Désolé pour ce résumé cataclysmique, mais c’est l’idée!
(4) Il n’est pas le seul, et même moins évident que le ‘barbet’.


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