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Munich

Munich 01

«Je ne voudrais pas que les mêmes qui recevaient M.Bachar Al Assad un quatorze juillet montrent aujourd’hui un esprit munichois face à ces atrocités», phrase lancée par Harlem Désir faisant allusion à la réception du tyran syrien à l’Elysée en 2008 par Nicolas Sarkozy…Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le premier secrétaire n’est pas jaloux à un nombre de bières partagées pour fêter le nième but d’un joueur de foot bavarois; non, la déclaration, tout à fait méchante et déplacée, fait référence à ces lâches accords de (pré)guerre signés en 1938, abandonnant la Tchécoslovaquie (pour commencer) à Hitler, histoire de sauvegarder la paix, avec le succès que l’on sait. Sinon, Munich, cela vous fait penser à quoi? A une prise d’otages israéliens pendant des Jeux Olympiques? Décidément, cela ne s’arrange pas. Voyons si par hasard l’étymologie du mot ne vaudrait pas mieux.

Un joyeux drille m’a dit récemment en plaisantant (j’espère): «Munich, c’est la ville de Monique», complétant cette saillie sur le prénom par un commentaire grivois que je ne peux pas citer ici (puisque vous le connaissez sans doute). Le pire, c’est que…il a raison! Mais n’anticipons pas. A l’origine, Munich, autrement dit München en v.o, vient du mot d’ancien-allemand ‘monch’, ou ‘munch’, lequel a également donné naissance à des patronymes, comme celui d’un célèbre chef d’orchestre de réputation mondiale, Charles (Munch). La raison de ce surnom vient du premier sens -commun- du mot, c’est à dire le ‘moine’. Signalons donc tout de suite que le raisonnement a été le même en français, ce qui nous a donné des familles Moine (comme Claude, plus connu sous le pseudonyme d’Eddy Mitchell). Et d’où vient un moine, s’il vous plait? De sa cellule, bien sûr, un espace de recueillement et de méditation qu’il occupe en toute solitude (enfin, c’est ce qu’on dit).

Les premiers moines étaient grecs (au moins d’un point de vue linguistique), et portent donc le mot de l’adjectif qui signifie ‘seul’ dans cette langue, à savoir ‘monos’. A l’époque, le terme s’appliquait surtout en fait aux ermites, lesquels, contrairement à une -légère- erreur de sens commune ne voyageaient pas (ça, c’est le pèlerin) mais restaient des solitaires. De fait, tout ce qui a un rapport avec cette racine grecque indique une personne ou une chose ‘seules’, parfois uniques. Un monocycle, un monomoteur, un monoski, monokini ou tout ce que vous voulez, cela ne comporte qu’une seule pièce. Du fond de sa cellule, le ‘tout-seul’ va quand même permettre de créer quelques mots autour de lui, dont l’endroit où sont les moines, le mon-astère; ainsi que ce qui caractérise les situations de solitude (donc de silence), l’adjectif ‘mon-acal’, et sa version contractée ‘monial’, davantage utilisée au féminin pour les religieuses (les moniales), sauf à Paray comme de juste.

Ce moine va encore être à l’origine de quelques noms assez inattendus: le ‘monakos’ grec va donner un jour naissance à la forme francisée d’un site dont le blason représente des…moines-soldats (1), le rocher de Monaco, ce qui fait ne saurait surprendre Claudio Ranieri (entraineur de l’AS), car pour l’italien qu’il est, Munich se dit…Monaco di Bavaria, preuve s’il en fallait encore d’une étymologie commune. A l’autre bout du (nouveau) monde, même destin pour une colline de l’Iowa, sur laquelle des missionnaires français construisent une chapelle en 1735; l’endroit est surnommé ‘le tumulus des moines’, toponyme que l’on applique également à la rivière qui coule en contre-bas, et enfin, des années plus tard, à la future capitale de l’état américain, bâtie tout près et évidemment appelée (la ville sur la rivière) Des Moines.

Mais les top-models de la robe de bure vont également entrainer quelques animaux dans leur sillage: en saxon (puis anglais), le ‘monch’ initial va donner ‘monk’ (le moine) puis son diminutif ‘monkey’, c’est-à-dire le ‘petit moine’, sous-entendu au pelage noir et marron comme les religieux, autrement dit le…singe (2). En français, deux siècles après l’apparition du mot dans notre langue, c’est Rabelais qui parlera le premier de ‘moinillons’ ironiques et parfois carrément obscènes, pendant qu’un autre mot prend simultanément son envol, pour désigner un oiseau habillé de la même couleur que les moines (et les singes, donc), le…moineau.

Et Monique alors? Son nom signifie bien quelqu’un de solitaire, sans que l’on sache avec certitude si la sainte concernée le tenait de sa situation familiale (fille unique, la théorie ‘soft’ de l’Eglise) ou d’une divinité algérienne du IVè siècle, puisqu’il s’agissait d’une jeune…berbère, trompée et battue par son mari (no comment). En voilà un qu’on aurait pu appeler l’antimoine -au moins étymologiquement-, alors que le nom de cet oxyde ferreux, parfois fondu et aussi confondu avec le plomb, vient d’une autre terme arabe tout à fait distinct (que serions-nous sans eux?!). Les babyloniens et les égyptiens s’en servaient déjà comme revêtement sur les cruches ou les amphores pour garder les liquides au frais, car l’antimoine ne conduit pas (ou mal) la chaleur. Plus tard, assimilé au khôl, on l’utilisera surtout pour le maquillage, particulièrement pour teindre les sourcils. Un souci sans doute bien éloigné des moines, y compris à Munich…

(1): (re)voir aussi la chronique du 10 juillet 2011 consacrée au mariage d’Albert et Charlène (tapez Monaco)
(2): au moins, on est sûr qu’à l’époque, ils ne connaissaient pas les gorilles ni les orang-outang.


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