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Nez

…s’il avait connu le coronavirus. A défaut de bout de sein, de nombril ou de chute de reins qui, en diverses époques, firent régulièrement scandale, voilà que c’est maintenant un appendice nasal impudique qui fait l’objet de débats pour le moins démasqués. A l’image du sein provocateur (Molière ou Mariah Carey, même combat), faut-il empêcher nos trous de pointer leur nez?

Ceux qui portent correctement l’indispensable préservatif à postillons doivent en effet se couvrir la bouche et le nez, afin d’assurer le maximum de protection; d’autres, par esprit de contradiction, refus de la contrainte administrative, idéologie libertaire ou peut-être dévotion particulière à Cyrano de Bergerac, ne sauraient tolérer plus longtemps que quelques minutes cet insupportable triangle de tissu, au risque de se trouver nez-à-nez avec l’insaisissable virus. Mais, au fait, d’où vient ce ‘nez’?

Petit mot mais (parfois) grand appendice, il est au centre du visage certes, mais aussi du dictionnaire de l’Empire romain. Même si ça ne se voit pas comme le nez au milieu de la figure, on peut dire sans se tromper qu’il s’agit d’une racine complètement ‘nase’ qui…coule directement du mot latin ‘nasus’. Nasus va, en effet, donner tout ce qui a un rapport avec l’organe de l’odorat, soit nase, justement (l’ancienne orthographe), donc nasal (du nez, ou dans le nez), naseau-x (le nez du cheval), nasique (le singe à long nez); puis, avec une alternance N/R facile (les doigts dans le nez), narine, le conduit qui amène l’air au nez, généralement par deux voies simultanées (sauf rhume).

Et, pour une des rares fois, ce ‘nasus’ va mettre son nez partout en Europe, y compris chez les peuples germains, habituellement peu inspirés (ni respirés) par le vocabulaire méditerranéen. La preuve: on dit nez en français, ‘nose’ en anglais, ‘nase’ en allemand, ‘nariz’ en espagnol et en portugais, ‘naso’ en italien, ‘neus’ en néerlandais, ‘nos’ en polonais, et même ‘nas’ en roumain…Pas besoin d’avoir beaucoup de flair pour constater que tous tournent autour du son ’n-s’ venu de Rome.

Prenons donc l’écouvillon (1) de l’étymologie, pour retirer tout ce que ce nez a pu (re)sentir comme connotations: tout au début, il s’agissait de désigner l’organe du…ronflement (comme quoi, les Romains ne dormaient sans doute pas la bouche ouverte). Puis vint le ‘siège de la colère’ (quand on a son voisin dans le nez?); et enfin tout ce qui concerne l’odeur, des fleurs, des égouts ou de sainteté, puisque le sens figuré va très vite apparaitre.

Le nez devient en effet ce qui permet la finesse du goût (2), donc le talent ou la qualité de celui qui sait apprécier les choses ‘fines’, tant sur un plan gustatif…qu’intellectuel. Voilà pourquoi un enquêteur qui ‘a du nez’ va savoir humer l’air du temps ou de la scène de crime pour trouver des indices; tout comme un producteur qui saura dénicher le tube de l’été avant les autres. Même avantage nasal si vous pouvez estimer quelque chose ‘à vue de nez’ (a-priori pas si loin que ça).

Côté nez-qui-coule, on n’est pas toujours content de tomber nez-à-nez, donc, avec quelqu’un d’inattendu (y compris sans masque), surtout si vous piquez du nez devant lui (ou elle), par honte ou par timidité. Ou fatigue!…Pour finir, je ne voudrais pas vous claquer la porte au nez, mais il fallait bien finir par moucher cette chronique, ça me pendait au nez.

  1. voir l’article de mars 2020 en tapant le mot dans le champ de recherche.
  2. Petit rappel physiologique: avec le nez, en fait on ne ‘sent’ rien; c’est juste l’air qui entre par les narines qui stimule les récepteurs de la bouche (et de la langue); ce qui permet de humer un vin, ou…de ‘ne rien sentir’ si vous vous pincez le nez (au-dessus de ce que vous voulez).

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