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Pécresse (Valérie)

Pécresse

«Est ce que les gens naissent égaux en droit, à l’endroit où ils naissent» chantait le citoyen Leforestier Maxime dans sa chanson «Né quelque part». Quelque part, pour elle, c’est (forcément?) Neuilly-sur-Seine, comme d’innombrables personnalités actuelles, d’un bout à l’autre de l’éventail politique! Pas beaucoup de temps de transport depuis cette ville à la capitale, et pourtant, si notre ex-ministre du Budget est aujourd’hui dans l’actualité, c’est pour annoncer la disparition prochaine du ticket de métro, depuis longtemps précédée par celle des historiques confettis du ‘poinçonneur des Lilas’. Petit rappel sur son patronyme et sur le célèbre petit carton rayé.

Et tout d’abord, Pécresse, mot dangereux pour faire carrière dans l’Administration, puisque point n’est besoin d’aller longtemps à la pêche pour soupçonner la forme en langue d’Oc du mot ‘pécheresse’ en langue d’Oïl…Bon, pas de panique, il existe un hameau en Corrèze (autre nid de politiciens) qui porte ce nom, et Pécresse peut en être tout simplement le ‘nom de provenance’, le mot ayant servi à surnommer une personne originaire du bled (si je puis me permettre) en question. Sauf que voilà, même là-bas, il y a équivoque: s’agit-il d’une histoire de ‘pêcheuse’ ou de ‘pécheresse’, dont vous sentez bien la nuance dans notre langue? Comme personne n’a de certitude en la matière, ne faisons pas de péché d’orgueil et remettons ce poisson à l’eau, pour nous intéresser à son titre.

Je retiens, parmi tous les mots de l’ancienne carte de visite de Valérie, celui qui est le plus courant, le ‘budget’, dont le destin -étymologique- est assez surprenant bien que pas très original…Pas original parce que, si vous ne le saviez pas, les anglais nous ont ‘piqué’ pas mal de vocables au cours de l’Histoire; bon, d’accord, c’était avant le Moyen-Age, il y a prescription, d’autant que, comme ils sont plus malins que nous, ils nous les ont presque toujours refilés!

L’exemple le plus connu est bien sûr celui qui exprime la drague à la française, époque pré-tournante dans les cités, c’est-à-dire l’amour courtois. Il fut une période où gentes dames et beaux damoiseaux allaient batifoler dans les prés pour se «conter fleurette» (je t’aime, un peu, beaucoup…et autres niaiseries). En ancien-français, on allait donc «fleureter», piraté en flirter par des saxons envieux même pas capables de prononcer correctement. On sait que, depuis, le flirt a retraversé la Manche pour se pousser un peu plus au coeur des (dé?)floraisons.

Et le budget dans tout çà? Eh bien, c’est le même principe, et encore une histoire de…bourses, parfois moins trébuchantes mais beaucoup plus sonnantes. A l’époque classique, il existe en France un mot qui désigne un sac de toile, parfois une sacoche, ou mieux encore une sorte de mallette rigide dans laquelle on mettait son argent, et qui s’appelait une «bouge». Très logiquement, la version réduite de cet objet va permettre de créer le diminutif «bougette», la petite bouge…La légende dit que l’on doit au Premier Ministre du roi Georges II (1683-1760, quand même!) d’avoir subi la première caricature en Angleterre, où on le voyait «la main dans la bougette», en train de sortir de cette besace une série de mesures..financières inapplicables (comme si çà pouvait exister!).

Nos ennemis historiques d’Outre-Manche, qui ont toujours autant de difficultés avec les diphtongues françaises (fleur, bougette) vont angliciser le mot en transformant ‘bougette’ en «budget», l’effet boomerang se chargeant de ramener sur Paris cet étymon (mot-souche) qui, dès 1800, va se décliner en verbe (budgétiser), en substantif (budgétisation), voire en adjectif (budgétivore!).

Remarquez, ce n’est peut-être pas plus mal, parce que, nommer une femme ‘Ministre de la Bougette’, çà ne le fait pas trop, comme disent les djeuns. D’autant que, incroyable mais vrai, il fut un temps où ‘la bougette’ évoquait dans le langage (français) vulgaire une action masturbatoire bien mal adéquate, que l’on pouvait, à l’époque, traduire en anglais par…to flirt (secouer). Si çà, ce n’est pas une coïncidence croisée ! Heureusement, depuis une ordonnance de janvier 1959, on ne doit plus dire ‘Budget d’Etat’, mais ‘Loi de Finances’, terme qui sera finalement alloué à l’époque à son ex-collègue masculin, François Baroin, nounours de service à la voix de baryton dont vous trouverez également le pedigree -étymologique- dans ces chroniques…

Mais revenons à quai pour dire un mot de notre ‘ ticket de métro’, qui a suivi exactement le même chemin que le ‘flirt’ ou le ‘budget’! Emprunté à l’ancien-français ‘étiqueter’, le mot a perdu son initiale en traversant la Manche (au 14ème siècle, pas encore de…E-ticket commandé sur internet!), pour devenir ce ticket dont nous avons adopté l’orthographe anglo-saxonne sans tiquer! Quant au ‘métro’, abréviation bien connue de ‘métro-politain’, c’est évidemment l’adjectif formé sur ‘métropole’, mot grec (Métropolis, pour les fans de Starmania) qui signifie ‘la ville-mère’. Rien à voir donc avec le métronome, qui lui, comme mètre, marque la mesure, la norme de référence (du temps ou de la distance).

Notez qu’il y a bien longtemps (une vingtaine de siècles), le métropolitain désignait…l’évêque d’une métropole, dont on trouve les premières agglomérations en Thessalie (actuellement grecque) ou en Phrygie (actuellement turque). Puis, le sens de ‘cité centrale’, donc la plus peuplée d’une région ou d’un pays, a pris progressivement le sens de capitale (nationale ou régionale d’ailleurs), ce dont se targuent avec délices les grandes villes de nos divisions administratives, dont certaines ont ‘doublement’ un vrai métro!


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