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Pénicaud (Muriel)

Difficile retour (et surtout sortie) du dernier Conseil pour la ministre chargée du Travail, qui a ‘descendu’ les marches du Palais de l’Elysée en fauteuil roulant. Un vrai…travail, dont la coïncidence va bien nous obliger à reparler juste après avoir dit quelques mots de l’origine de son patronyme, dont la souche se situe dans les environs de Limoges (aïe, la ville où l‘on ‘exile’ ceux ou celles qu’on veut éloigner de Paris). Notre Versaillaise (de naissance) se serait-elle endormie au point de faire une chute?

Il parait que c’est en effet à l’hôtel Matignon (résidence du Premier Ministre) que Muriel aurait fait un faux-mouvement sur les marches; et si je vous parle d’endormissement, c’est que l’un des sens possibles à ce nom est le verbe occitan ‘penecar’, qui signifie sommeiller. De fatigue, d’inattention ou d’ébriété, je ne saurais vous dire, sauf à confirmer que le dialecte limousin dont il est question a bien fait partie (c’est la limite nord, d’accord) de la zone occitane, pas uniquement réservée comme on le croit souvent à l’axe Toulouse-Montpellier!

Pourtant, ce Pénicaud bien caractéristique de sa région (ou Penicaut en Poitou, parfois en Val-de-Loire) est le plus souvent rattaché à un verbe d’ancien-français qui est ‘peniquer’ (je vous interdis de chercher deux racines improbables…) et qui signifie courir. Là encore, on est à la marge d’un abus d’interprétation qui voudrait pousser le sens jusqu’à ’courir vite’ donc peut-être, comme vous vous en doutez, paniquer. C’est ce qui arrivait à nos ancêtres les Grecs, littéralement frappés de terreur en entendant (ou pire, en voyant) arriver le dieu Pan (d’où le verbe) dont la flute n’était pas l’attribut le plus visible lorsqu’il se présentait devant de jeunes vierges perdues dans les bois. De quoi se mettre à courir vite quand même…

En fait, rien n’est moins sûr; tenons-nous en à l’idée de courir, y compris avec un éventuel transfert de sens, au figuré, pour supposer ‘parler vite’ donc bavarder, une autre référence possible…Voilà qui nous fait déjà plusieurs hypothèses dont vous gratifierez la ministre à votre convenance, sans oublier qu’à quelques (centaines de) kilomètres de là, le ‘panicaut’, autre éventuelle variation linguistique, représente pour les paysans de l’Indre une variété de chardons.

Ce n’est pas la seule histoire à dormir debout à laquelle nous aurons affaire aujourd’hui puisque des chercheurs ont récemment (2016) dénoncé la traditionnelle et très ancrée définition du ‘travail’ comme issue du mot latin ‘tripalium’, autrement dit le…supplice du pal, hypothèse légitimée par le caractère insupportablement douloureux de l’astreinte et de la fatigue à un poste (ce sont les syndicats qui sont contents).

Mais les dernières contributions de linguistes européens (espagnols, allemands ou britanniques) font valoir un tout autre étymon (le tout-premier mot ou son originel) qui serait ‘trabs’, autrement dit une barrière ou, plus généralement, un obstacle sur un chemin, bref quelque chose qui oblige à un effort pour se libérer d’une entrave (le terme ayant d’ailleurs d’abord été appliqué aux animaux domestiques).

Pas de quoi se battre pour autant sans doute, car entre le supplice du métro-boulot-dodo quotidien et la dépense d’énergie pour se dégager d’un encombrement, il n’y a que l’intensité de la douleur qui change. Un peu comme celle qu’on ressent quand on est obligé de négocier des marches avec des béquilles pour aller au ministère (devinez de quoi), ce qui vous empêche forcément de courir. Pénicaud ou pas!


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