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Pentecôte (lundi de)

Pentecôte

Il y a, comme cela, des mots qui paraissent ‘évidents’ (ou pas du tout), mais qui ne semblent pas prêter à équivoque; pentecôte est de ceux-là: lors d’une soirée, un rapide tour de table -tout à fait inattendu et innocent- vient de montrer que, si son origine n’est pas si facile à trouver, sa signification l’est désormais encore moins, sauf à être un assidu des bancs d’église. Et encore…

Parmi les suggestions entendues: «la Pentecôte, c’est…l’ascension du Christ au ciel» (sic! Sans doute l’idée de côte à monter?)». « Pas du tout, la Pentecôte, c’est la descente de l’Esprit-Saint sur les Apôtres» (c’est mieux, mais quand la personne ajoute que «voilà pourquoi on l’appelle…pente »! Sans doute une ‘pente-qui coûte’?). Bref, assez de montagnes russes avec l’étymologie, voilà la véritable évolution du mot, même si, je vous l’accorde, elle n’est pas forcément transparente.

Dans ‘pentecôte’, il y a deux mots (je ne vous fais pas l’injure de les découper), mais le premier terme n’a rien à voir avec une quelconque descente; cette ‘pente’-là vient du chiffre grec ‘penta’ qui signifie cinq. C’est ce que vous retrouvez dans le nom du bâtiment qui a ‘cinq côtés’ (le penta-gone), lequel ne se trouve pas dans le pays aux ‘six côtés’ (l’hexa-gone), etc, etc…

Vous vous doutez alors que la ‘côte’ qui suit n’a aucun rapport non plus avec une pente inversée mais avec un autre mot grec qui est ‘kosti’ (ou costê, pour être plus proche), suffixe qui multiplie le chiffre qui précède par dix. Ce qui nous fait, du coup, cinquante (vous avez le même nombre?), et nous voilà donc avec une histoire de cinquante-quelque chose. Sachant que l’expression originelle, trop longue à prononcer et évidente -justement- pour les gens de l’époque, comportait le terme sous-entendu ‘jour(s)’, vous avez deviné qu’il s’agit d’une date située cinquante jours après l’événement de la saison, Pâques.

Quasiment deux mois après avoir disparu de la vue des Apôtres, le Christ revient donc sur terre sous la forme d’une colombe, «à l’aube du cinquantième jour» (c’est beau comme un titre de film égyptien), d’où cette pentecôte, dont l’accent circonflexe témoigne bien d’une version antérieure en ‘pentecoste’ (au 16ème siècle), elle-même issue d’un ‘pentecuste’ (du 12ème s.) plus ou moins bien entendue dans le ‘pentecostem’ de latin de cuisine du 10ème siècle!

Ainsi donc s’achève une période sacrée de…90 jours (40+50), si l’on compte la préparation de Pâques, soit les quarante jours précédents (1), ce qui se dit en latin ‘quadragesima’, ce qui a donné ‘quarantième’, puis ‘carantième’, et enfin, après méga-contraction, ‘carême’, suivis donc des cinquante suivants…Si l’on y regarde bien, le compte n’y est pas tout à fait, puisqu’il s’agit précisément d’un multiple du chiffre biblique et ultra-symbolique ‘sept’ (2) : la Pentecôte a lieu sept semaines après Pâques, or, sept fois sept jours, cela fait 49 et non pas cinquante (si tout va bien). Alors, erreur de mathématique divine?

En fait, pendant longtemps, la façon de compter les séries d’unités prenait en compte le premier élément, surtout quand il était question de temps ou d’espace; la preuve, quand vous donnez un rendez-vous pour ‘la semaine’ suivante, vous dites: «on se voit dans huit jours» (théoriquement, personne ne se pointe à J+7+1), ou encore «on part quinze jours en vacances à la neige» (ce qui veut dire: on a juste quatorze jours de location, du samedi midi ou samedi 11H59 dernière minute); des vacances que vous passerez peut-être sur les pentes. Et les côtes, cette fois forcément…

(1) voir aussi l’article sur les carnavals.

(2) Mine de rien, toute notre culture chrétienne fonctionne toujours ainsi: hérités des ‘sept plaies d’Egypte’ ou des ‘sept merveilles du monde’, nous avons encore les ‘sept nains’ de Blanche-Neige, les ‘Bottes de sept lieues’, et autres ‘sept femmes de Barbe-Bleue’, continuez…


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2 commentaires au sujet de Pentecôte (lundi de)

  1. Bonjour,

    Je suis d’accord sur presque toute l’explication du mot mais j’ai tout de même besoin d’une précision.

    Si mes souvenirs sont exacts, en grec ancien cinquante se dit πεντηκοντα soit penteconta et non pas pentecosta.

    D’où vient donc ce ‘s’ qu’on trouve aussi en anglais (Pentecost)?

  2. Bonjour, et merci de votre remarque, à laquelle je vais essayer de répondre sans clavier avec alphabet grec…
    Comme vous le signalez très justement, ce ‘s’ n’est ni inutile ni innocent à cette place; et, s’il se retrouve dans plusieurs langues, comme en français où il s’est ‘élidé’ -très normalement- en accent circonflexe, c’est qu’il vient du mot grec non pas ‘cinquante’ (pentakonta) mais ‘cinquantième’ (pentakostê/pentakosti). Sous-entendu ‘jour’, bien que ce soit le 49ème comme indiqué en guide de ‘chute’.
    J’espère avoir répondu avec précision.
    Merci encore de votre fidélité.
    Cordialement,

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