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10 mai…

Schoelcher

La date du 10 mai rappellera sans doute beaucoup de choses aux hommes (et femmes) politiques français, puisqu’il s’agit évidemment de la Journée de la Mémoire de l’Esclavage, qui vient appuyer les différentes commémorations de l’abolition de l’esclavage (en juillet). Le nom de Victor Schoelcher est connu en France via quelques (rares) rues et établissements scolaires de villes métropolitaines, mais il est carrément le nom d’une commune à l’ouest de Fort-de-France et, à tout le moins, l’un des patronymes les plus célèbres des Antilles. Schoelcher? Quel drôle de mot pour un nom caraïbe! Et pourtant, les schoelcherois (carrément) qui habitent l’ex-’Case-Navire’ ne voudraient pour rien au monde abandonner leur héros…alsacien.

C’est en effet à Fessenheim que se déroule l’histoire…centrale de la famille, puisque Schoelcher est une variante de Schelcher, surnom formé sur le mot d’ancien-allemand ‘schelch’ qui désigne une forme de barque. On suppose qu’il s’agit d’un petit bateau à fond plat, essentiellement utilisé par des pêcheurs sur de faibles courants. Composé avec un suffixe d’activité (sinon de métier), le schelch-er devient donc le pêcheur. C’est un descendant de pêcheurs, Marc, le père de Victor, qui envoie son fils au Mexique, puis à Cuba, comme représentant de l’entreprise familiale qui fabrique de la…porcelaine. La suite est connue: le jeune homme, révolté par le maintien des traditions (en fait, l’esclavage est déjà théoriquement aboli par la Révolution depuis cinquante ans, et validé par Napoléon 1er), fera tout pour obtenir l’application de décrets exigeant l’exécution immédiate de l’abolition.

Son engagement lui vaudra un ticket pour l’Olympe, là où résident ‘tous les dieux’ (en français Pan-théon), et la création spontanée de générations de patronymes spécifiquement martiniquais, les…Schoelchery! Voilà un exemple parfait de construction onomastique: une racine (schelch) + un suffixe originel (-er-) + un double suffixe local (-y); et voilà comment on passe des bords du Rhin à la Plage de Madiana en quelques décennies…

De son côté, la racine latine ‘esclave’ a donné naissance à peu de patronymes, ce que l’on conçoit aisément, à part peut-être certains Scavo (une ménagère désespérée) ou Schiavo, mais sûrement pas de ‘slave’ saxon, et encore moins de ‘slave’…slaves. Car on change alors carrément de registre linguistique: bien loin du latin, les peuples ‘slaves’ (comme les tchèques, par exemple) viennent d’une racine qui signifie…la gloire. Une étymologie qui eût également parfaitement convenu à Victor!


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Un commentaire au sujet de 10 mai…

  1. Et Toussaint Louverture ? Il a pas droit à sa commémoration non plus ?
    A Bordeaux, le président de la CUB veut nommé le prochain pont Bacalan-Bastide (BABA pour les intimes) pont Toussaint Louverture …

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