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Abitbol (Sarah)

C’est une patineuse artistique (en couple) maintes fois sacrée championne de France, d‘Europe et même du Monde (en 2000). La presse sportive se fait en ce moment l’écho de ce que l’on appelle si improprement en l’occurrence ‘les bonnes feuilles’ d’un livre qui dénonce les agissements inappropriés de son ex-entraineur. De la même façon, d’autres femmes s’apprêtent à rendre publiques les agressions dont elles auraient été victimes dans leur carrière de jeunes athlètes. Une façon très bruyante de battre le rappel…y compris étymologiquement.

Le patronyme de Sarah est généralement qualifié plus ou moins grossièrement de ‘nom porté par les Juifs d’Afrique du Nord’. Bien qu’elle ait également le droit de s’appeler Françoise ou Karen, Sarah est peut-être un premier indice sur la provenance du mot. Car, il est vrai, Abitbol est formé de deux racines de l’arabe algérien, tout comme ses variantes Abitboul ou Aboutboul, lesquelles ont également une forme abrégée en Boutboul, voire la très francisée Botebole…

Les deux racines en question sont ‘abû-tbul’; la première fait allusion à une autorité (qu’on peut résumer, dans un certain contexte, par l’idée du père) ou au représentant d’une activité particulièrement significative; cela peut être le responsable, le directeur, l’organisateur de quelque chose, ou bien comme ici un homme connu ou reconnu pour une habitude ou un comportement particuliers.

Car le ‘tbul’ en question, issu d’une syllabe ‘vocalisée’ (avec une voyelle) qui est ‘tabl’ (1), désigne un tambour. Rien à voir avec le modèle du gamin à l’affiche du film ‘Le Tambour’ (W.Schlöndorff, 1979), typiquement napoléonien; encore moins avec ‘l’enfant au tambour’ (palapapampam) chanté par Nana Mouskouri. Il s’agit évidemment ici d’un instrument de musique traditionnel, un tambour arabe plus proche d’un petit tam-tam portable calé sur la hanche que d’un tambourin à bretelles.

Le sens final d’abitbol’ nous orienterait donc vers quelqu’un qui a forcément un rapport avec l’objet; selon le type de raisonnement européen traditionnel, on en ferait probablement un fabricant de tambour(s)…Or, le ‘abû’ initial peut très bien qualifier ici un simple joueur mais un pratiquant acharné, la racine suggérant plutôt un musicien qui a l’habitude (fréquente, pour ne pas dire permanente) de ‘se promener avec son instrument’, comme on dirait dans le langage commun français.

Profitons-en pour rappeler le souvenir d’un fait-divers qui fit grand bruit au milieu des années 1980, l’affaire dite Cons-Boutboul, du nom de la mère de la première femme jockey à avoir gagné un tiercé à Longchamp, Darie Boutboul. Empêtrée dans un double meurtre concernant son ex-mari, celle dont le prénom signifie (en latin ou grec) ‘celle qui a le pouvoir (de faire) le bien’ illustre donc la version avec ‘aphérèse’ (la chute du ‘a’ initial), mais le sens reste le même malgré l’apparence plus lointaine du mot.

Incontestablement, le tambour de Sarah va être une façon de faire ‘battre la chamade’ (2) dans le coeur de son supposé agresseur …germain, au moins étymologiquement puisqu’il se nomme Beyer (3).

(1) la succession de consonnes t-b oblige, inévitablement, à générer un son intermédiaire pour la prononciation.

(2) La définition étonnante de l’expression est en archives…

(3) Ce n’est pas évident? Tapez Karina (Anna) dont c’est également le nom de naissance!


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