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Alonso – Gutierrez

Alonso

Grosse frayeur sur le circuit automobile de Melbourne: au 19ème tour de la course de F1, la Mc Laren de l’espagnol Alonso (prénom Fernando) a heurté la Haas du mexicain Gutierrez (prénom: Esteban) -on dit rarement les prénoms- provoquant une spectaculaire sortie de piste et le crash du bolide du premier. Plus de peur que de mal, mais les deux patronymes apparaissent conjointement à la Une de toutes les éditions sportives…Petit exercice d’étymologie facile: pour l’un comme pour l’autre, il suffit de restituer une lettre manquante pour comprendre. Essayez…

Si ça ne vous dit rien, c’est que vous n’avez pas assez attendu (ou réfléchi?) avant de cliquer. Commençons par Alonso, nom typiquement espagnol (disons castillan, même), que l’on trouve aussi sous la forme Alonzo. Si je vous donne une lettre de plus, c’est…”consonne? Voyelle?” Disons consonne, un ‘f’ par exemple, que vous casez en troisième ligne, ce qui nous fait évidemment Alfonso/Alfonzo, en vertu d’un procédé linguistique qui s’appelle ‘amuissement’, autrement dit un affaiblissement sonore de la consonne (le ‘f’, en l’occurrence) jusqu’à disparition complète ou assimilation par sa voisine (on pourrait avoir deux ‘L’). Et que signifient les racines d’Alonzo en espagnol? Rien du tout!

Car, tout comme les Alphonse français, le mot vient encore une fois des ‘envahisseurs germains’ qui, entre les 5ème et 10ème siècles, ont traversé l’ouest de l’Europe (y compris le sud-ouest donc, et ce, le plus loin possible), disséminant au passage quelques syllabes gutturales dont les populations étaient invitées plus ou moins aimablement à se servir pour se faire comprendre, quitte à les récupérer plus tard dans leur propre langage. C’est ainsi que deux racines nordiques se sont associées pour surnommer un homme de condition noble mais particulièrement impatient ou rapide, le ‘Adal-fons’ (oui, je sais Adal fonce…).

Le terme adal ou edel se retrouve dans l’idée de quelqu’un de noble ou de rare, donc aucun sens ‘aristocratique’ mais plutôt de noblesse d’âme ou de grande honnêteté. En tant que nom commun, on retrouve le même sens dans ‘la fleur noble/rare et blanche’, autrement dit en germain…edel-weiss. Je ne suis pas sûr que les Wisigoths en goguette sur les rives du Tage avaient la fleur au bout de la lance, mais toujours est-il que le nom va devenir célèbre très ‘tardivement’ (18ème siècle!), grâce à un docteur de l’Eglise d’origine…italienne (version avec un S), jeune avocat napolitain connu pour son combat contre la corruption (déjà), devenu le saint que l’on invoque pour toutes les opérations honnêtes (*).

Justement, pas de tricherie ou de geste volontaire semble-t-il dans l’accident avec l’autre pilote, un Gutierrez auquel il manque cette fois une voyelle pour le rapprocher du français. La lettre en question est un…’a', qu’il faut caler juste après la pôle-position, soit ‘gautierrez’, duquel vous allez détacher maintenant le suffixe hispanique, ce qui nous laisse un ‘gautier’ (ou gauthier) bien plus familier sans doute. Encore que, là aussi, on a affaire à deux racines germaniques très connues et largement distribuées dans plusieurs mots, soit le verbe waldan (commander, gouverner) + hari (l’armée)..

Cette fois, la première partie présente un phénomène dit d’inflexion, qui fait passer le ‘w’ au ‘g’, tout comme le Wilhem nordique se transformera en Guillaume gaulois (souvent évoqué ici, cherchez d’autres noms), selon l’évolution wald > waud > gaud/gaut; le ‘l’ sera quant à lui ‘vocalisé” (transformé en voyelle) sous la forme ‘u’. D’un autre côté, ‘hari’ va devenir hieri puis -hier ou -ier, d’où la double possibilité de Gaut(h)ier …Déduction limpide: il s’agit donc ici du (d’un des?) surnom(s) d’un chef militaire, à la tête sans doute d’une “écurie” de soldats…

Rendons quand même hommage pour terminer au vainqueur de la course en question, l’allemand Nico(las) Rosberg, au nom prédestiné puisqu’il évoque à la fois une montagne (berg) et un tertre ou un promontoire (ros), peut-être ici un podium qui le met au-dessus de ses concurrents pour gravir le titre mondial? En tout cas, étymologiquement.

(*) Sanctifications partagées avec d’autres martyrs ou dévôts dès le 15ème siècle et de provenances diverses.


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