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Angot (Christine)

Angot

C’est l’histoire de la fille rebelle d’une ‘poissarde’, comme on disait du temps de Molière pour désigner les…poissonnières; « La Fille de Mme Angot » sert à la fois de scénario à un opéra-comique (désuet) du compositeur français Charles Lecoq (1872) et d’état-civil à la chroniqueuse de l’émission de télévision « On n’est pas couché » sur France 2. Encensée pour son style littéraire ou critiquée pour ses ‘sorties’ médiatiques, la très clivante et future ex-duettiste de Charles Consigny (l’un et l’autre quittent l’émission) a largement les moyens de se battre, surtout étymologiquement.

Christine, née Pierrette (!) Marie-Clotilde…Schwartz, est pourtant bien la fille de Mme Angot puisqu’elle porte au début de sa vie le nom d’une mère qui descend d’un groupe de familles juives généralement alsaciennes; il s’agit en fait d’un surnom ancestral qui décrit l’une des caractéristiques physiques de l’aïeul, un (ou une) qui a quelque chose de ‘noir’ (schwarz*), en général les cheveux; la signification ‘foncée’ ou ‘bronzée’ pour la peau est plus anecdotique.

Mais la très brune (ça tombe bien) écrivaine porte aujourd’hui un patronyme (littéralement, le nom du père) adopté après une reconnaissance tardive; or, cet Angot-là n’est pas noir du tout mais clairement germain, à tel point qu’on peut sans problème l’écrire Angoth, ce qui nous met à deux lettres d’une célèbre famille de tribus historiques, les Goths, eux-mêmes cousins des Wisigoths et au(s)tres Ostrogoths.

Quelques siècles plus tard, les Angot français ont fait souche en Normandie**, avant de voyager également un peu plus au sud en Val-de-Loire (Angault ou Angaut) et jusque sur la côte vendéenne ou le Poitou (Angaud), et ils ont vraiment tous pour origine des An(s)-Goths. Sur le sens de la première syllabe, tout le monde n’est pas d’accord: les linguistes les plus documentés font remonter le son à un symbole divin (le nom probablement très générique d’un dieu ou d’une déesse), alors que d’autres vulgarisateurs en font une simple référence à un aïeul.

Quoi qu’il en soit, il s’agit très probablement d’un ‘nom de personne’ (Ans, peut-être même une version du futur Hans, soit Jean), suivi donc par l’adjectif qui qualifie la provenance…gothique (il vaudrait mieux même dire gotique) du bonhomme. Le-dit qualificatif viendrait lui-même d’une très ancienne racine néerlandaise (‘gieten’) exprimant l’action de verser; et ce, dans un sens très spécifique qui est verser…de la semence, autrement dit ensemencer (pour un champ) ou féconder (pour un homme).

De là l’idée possible de l’une des qualités (pour ne pas dire fonction) du dieu nordique Odin, vénéré par des Goths qui auraient trouvé leur identité dans cette abondante fertilité divine, le nom du peuple devenant synonyme de ‘ceux qui ont été engendrés -sur Terre- par un Dieu’, donc les Humains (avec majuscule). On retrouve effectivement dans quasiment toutes les mythologies (et donc religions) ce concept à la fois de dieu-géniteur (Chronos, Zeus, Jupiter et tous leurs avatars) et celui de peuple-engendré (et éventuellement ‘élu’). De la même façon, le concept ‘d’hommes-libres’ apparait aussi bien dans les termes ‘roumain’ que ‘burkinabé’…

Là encore, vous trouverez certaines mentions dans des livres qui donnent simplement ‘bon’ pour ‘got’, définition peut-être un peu moins documentée mais qui n’empêche pas l’ancêtre de Christine d’avoir été un bon (très arrière) grand-père, ou alors, plus scientifiquement, un guerrier nordique conscient de sa condition humaine (et néanmoins largement dominatrice sur ses congénères).

Voilà qui éclaire peut-être mieux le personnage un peu sombre que présentent les médias de l’écrivaine-chroniqueuse; d’autant que « La Fille de Mme Angot » ne s’appelait pas Pierrette sur scène mais Clairette; et, dans l’opéra-comique, elle préférait (déjà?) le charme d’un chansonnier de l’époque au fiancé que lui destinait sa mère, en l’occurrence un per…ruquier! Je vous jure que ça ne s’invente pas. Même étymologiquement.

(*) Orthographe allemande actuelle, comme ‘zwart’ en néerlandais voire ‘czarny’ en polonais; au contraire des pays du sud (de l’Europe) qui ont choisi la racine latine ‘nigrum’ pour faire noir en français, negro en espagnol ou portugais, et negru en…roumain.

(**) D’où les nombreux villages de la région du nom d’Angoville (en-Saire, au-Plain, sur-Ay, la-Séran, etc)


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