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Autin et Boileau

Boileau-Autain

«Evénement historique» on ne sait pas, mais médiatique c’est sûr. Pour l’instant, la célébration du premier  »mariage gay » est toujours dans l’actualité; reste à savoir pour combien de jours, d’heures ou de minutes (consultez vos journaux dans quelques temps). Après le choc des images, voici le poids des mots, car pourquoi ne pas s’arrêter quelques instants sur l’étymologie du nom des nouveaux époux, lesquels ont déclaré ipso-facto vouloir conserver et donc accoler leurs deux patronymes dans l’hypothèse -très probable- d’une descendance adoptée. Décidément, un petit pas pour ces hommes mais sans doute un grand pas pour la modernité. Parlons donc d’Autin (*) et Boileau, qui semblent l’un et l’autre bien illustrer l’heureux événement en question.

Commençons donc par Autin, surnom d’origine régionale apparu dans le courant du 5è siècle en France, dans la vague de retentissement d’une célébrité de l’Eglise, un certain St Augustin, philosophe et l’un des «Pères» de l’Eglise, né en Afrique du Nord d’un…père africain et d’une mère berbère. Car Autin, via une forme intermédiaire Austin (non, ce n’est pas que le nom de coupés-sport britanniques), lui-même version contractée de ‘Augustin’ précisément. Or, les Augustin-Austin-Autin ont toutes les raisons de croire en leur heureuse destinée, puisque l’étymon (le mot initial à l’origine de la famille linguistique) est le nom commun latin qui désigne les augures (masculin aujourd’hui, mais féminin pour l’Académie pendant plusieurs siècles).

Les augures, présages de bon-heur (aug-heur, si l’on remonte encore plus loin dans les racines), ce sont les signes que remarquaient les romains pour orienter le destin, à une époque suffisamment avancée technologiquement pour arriver à trouver un sms de Jupiter dans le foie d’un poulet, le cerveau d’une génisse, ou le plan de vol d’une escadrille de corbeaux entre deux nuages. Bref, les Autin sont donc des gens plutôt bénis des dieux, bien avant de l’être par l’article 212 du Code civil montpelliérain…
Ne pas confondre cet Augustin raccourci avec les Autain, eux aussi déguisés phonétiquement, et qu’il faut comprendre comme une orthographe particulière de ‘Hautain’, surnom de personnes…hautes. Le tout premier sens (propre) de ces hautains concernait donc des gens suffisamment grands pour regarder ‘de haut’ leurs contemporains, ce qui leur donnait parfois un aplomb interprété par les autres comme dominateur (forcément!), puis, au sens figuré, comme méprisant, d’où le sens actuel. Ce qui, visiblement, ne saurait concerner notre Vincent du jour.

Autre clin d’oeil (de bon aloi, et probablement aussi, de bon augure), le Boileau de Bruno, qui ne peut être d’autre provenance qu’une ‘agglutination’ (un collage) des deux mots: boit-l’eau! Cette fois, c’est dès la fin du Moyen-Age que l’on trouve le terme, lequel apparaît en même temps qu’un certain nombre de…Boivin, l’un et l’autre gratifiant des gens qui ont la réputation de lever le coude largement et régulièrement. Pour les Boivin (boit-vin, bois-vin) et autres Boilevin, on comprend aisément. Mais pour les Boi(t)l’eau? Eh bien, en général…c’est pareil! En effet, il s’agit alors d’une ‘antiphrase’, d’une façon ironique de se moquer de quelqu’un en suggérant fortement le contraire de la réalité. Ce qui ne présume en rien du nombre de coupes de champagne ingurgitées par Bruno lors de la fête.

Heureusement, le Boileau peut également qualifier autre chose que le gosier d’un buveur, à savoir un terrain qui…’boit’ facilement les pluies ou les inondations, donc un sol spongieux et forcément humide. Du coup, selon les régions et les sites, l’idée peut s’appliquer à tout événement impliquant de l’eau, comme par exemple une source naturelle, d’autant plus important que l’eau en est potable. Mais c’est vrai que, s’appeler Potable, ça sonne moins bien que Boileau. Il n’empêche, l’autre (maintenant) Boileau le plus célèbre était un certain Nicolas, poète et écrivain du 17è siècle, auquel on doit quelques vers admirables extraits de son ‘Art Poétique’, dont le fameux: «Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément». Et, à l’adresse prémonitoire de quelques ‘tweets’ commentant méchamment le déroulement de la cérémonie: «Avant donc que d’écrire, apprenez à penser». Forcément, pour Boileau, cela coulait de source.

(*) Nb: d’après la lecture de l’état-civil effectuée par Mme le Maire, le patronyme déclaré de Vincent est en fait ‘Jacques’.


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