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Balavoine (Daniel)

Balavoine titre

Vous en allez en etnendre (re)parler dès les jours prochains: le ‘Chanteur’, disparu il y a…30 ans au mois de janvier lors du Paris-Dakar, sera à la Une des magazines et émissions radio ou télé. Une occasion de réécouter -encore davantage- tous les tubes interprétés par le palois basco-béarnais (de souche, mais né en Normandie), dont le nom harmonieux et ‘combattif’ à la fois est hautement revendiqué par sa fille Joana, née après la disparition de son père: ‘il y a dans ce nom l’idée de se battre’ dit-elle. Battre peut-être, mais pas se battre…

Car, pour une fois, l’étymologie est tellement transparente qu’elle en est suspecte; Balavoine est bien le surnom de paysans chargés de…battre l’avoine pour en extraire le grain, patronyme relativement peu répandu malgré le nombre supposé de pratiquants (avant mécanisation). Comme on ne bat pas le maïs, l’orge, le seigle ou le blé (de la même façon), ceux qui avaient ce rôle ont écopé d’une sorte de nom d’activité, à défaut de métier permanent (des saisonniers?).

Faisons un petit tour rapide des silos pour en prendre de la (différente) graine, pour constater que les spécialistes du blé sont les Froment, Fromentin ou Fourment (par métathèse, inversion du son initial); mais aussi les Dublé ou…Dubled, qui ne viennent donc pas du village au Maghreb mais bien des champs beaucerons (parfois appelés Duchamp, tout simplement, sous-entendu ‘cultivé’). L’orge, moins fréquente, n’a donné que des Delorge, et le seigle des Ségal, Ségala, Ségalot au nord de la Loire, et Ségalen ou Séguéla (merci Jacques) dans le sud.

Mais revenons à notre avoine, dont la racine latine ‘avena’ désignait à l’origine une…mauvaise herbe, une herbe folle quelle qu’elle soit, à commencer par n’importe quelle tige séchée pouvant faire office de chaume; ce n’est qu’après son passage dans les langues romanes en cours d’élaboration que l’avenne’ va donner des Davenne ou Delavenne en rapport direct et exclusif avec la céréale.

Alors en vertu des lois phonétiques que vous connaissez bien maintenant, le son (si j’ose dire) de cette ‘avenne’ va parfois s’écrire ‘aveine’, que l’on va retrouver chez les Laveine et les Delaveine (qui n’en ont donc pas forcément). Même processus que pour le seigle, l’avenne au nord va devenir l’avoine dans les régions du sud, et par conséquent Delavoine, Balavoine, et même Machavoine d’après le verbe d’ancien-français…mâcher, au sens de broyer (avec la meule, pas avec la molaire, bien que ce soit le même mot!).

Or, une fois battue, cette avoine est remise à des négociants ou à des courtiers en céréales, dont le métier (permanent, pour eux) va devenir l’avenier, et quelques autres variantes telles Lavenel, Lavenot ou Lavenet. Surprise: dans la région entre Loire et Rhône, ce mot va se transformer en Lavenin et même…Lavenir. Franchement, s’appeler Batlavoine et se battre pour l’avenir en ayant de la veine, on ne peut faire mieux pour rester célèbre, non? En tous cas étymologiquement.


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