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Bergoglio (Jorge Mario)

Bergoglio

A l’occasion de la dernière opération ‘Mains propres‘ (après s’en être lavé) dans l’affaire de pédophilie couverte par le Primat des Gaules (sic), petite mise à jour de la carte de visite déjà rédigée en 2013 (son élection) sur l’état-civil de ce drôle de numéro sans chiffre dit François, ce qui, à ma connaissance, est pour le coup une…première dans l’Histoire.

En effet, on dit Benoit ‘seize’, Jean-Paul II, Paul VI, Jean XXIII, Pie XX etc, et vous pouvez remonter comme cela dans la nuit des temps (chrétiens). Or, surtout dans des oreilles européennes, ‘François 1er’ restera pour l’Histoire l’adversaire de Charles Quint et d’Henri VIII! Délicate homonymie en effet car de François ‘premiers’, il y eut beaucoup, et rarement dans un registre pacifique: outre le royal emplumé français de Marignan, on compte deux empereurs germaniques de la maison des Habsbourg au 18è siècle; deux Ducs de Bretagne du 15ème; et deux napolitains, Ducs de Sicile au 19ème.

Sans oublier un certain nombre de Borgia dont il serait malvenu de détailler ici la carrière. Rome et le Monde (Urbi et Orbi) ont donc écopé d’un ‘Pape François’ qui nous ramène encore davantage vers l’énoncé systématique d’un ‘papa’ (1). Encore faut-il se féliciter que l’ex-cardinal Souverain Pontife ne soit pas originaire de Hollande, l’équivoque eût été double, et probablement fort épineuse pour tous les services de communication de la bienheureuse Curie!

De plus, le patronyme du nouveau pape pose question à beaucoup de linguistes. Etymologiquement, ‘bergoglio’ vient du répertoire hispanique (il est argentin, pas italien!) mais, dans la langue vaticane, le mot aurait pu se rapprocher d’un diminutif de ‘broglio’, qui désigne…une fraude électorale ou une situation confuse, une embrouille (comme dans im-broglio), il ne manquerait plus que ça! Il semblerait au contraire que le mot soit également un diminutif, mais issu d’une racine qui a subsisté en occitan, ‘broglio’(2), toponyme qui définit un bosquet ou un petit bois clôturé (souvent une réserve de chasse). Un surnom tout désigné pour quelqu’un appelé à sortir du bois.

D’autres y voient une forme substantivée du verbe ‘bregar’, qui évoque l’idée de trimer, de se battre pour arriver à quelque chose, ce qui ne serait franchement pas déplacé non plus. Diminutif (toujours) à l’appui, Bergoglio pourrait alors se comprendre comme ‘le petit travailleur -sous entendu: de Dieu’.

En tous cas, malgré les nombreuses rumeurs et théories qui circulent sur la Toile, rien de très logique avec une racine ‘berg’ germanique (la montagne), même en admettant que les tribus du Nord de l’Allemagne ont effectivement occupé pendant longtemps celui de l’Italie…Encore ‘pire’ me semble être le fantasme d’un collage entre une idée de hauteur et un ‘oglio’ (qu’il faut caser à tous prix tel quel) qui aurait un rapport avec…un clin d’oeil.

Je vous passe quelques audaces du genre «c’est une variante de Bertoglio » qui vient du germain -encore- ‘berth’ qui veut dire célèbre…Quitte à en faire un toponyme (le dénominateur commun sur lequel la majorité des amateurs semblent s’accorder), autant suivre la piste d’un hameau, probablement piémontais, caractérisé par la végétation décrite plus haut.

Surtout qu’il convient de rappeler pour terminer que le saint prélat a choisi de se placer sous la protection d’un ex-fils de riche drapier de la province de Pérouse, devenu ermite et accessoirement dresseur d’alouettes, le-dit ‘François’ d’Assise, superstar médiatique du 13è siècle qui va contribuer à l’essor du prénom. Or, en v.o, ‘Francesco’ est très clairement le surnom que l’on donnait à l’époque (et avant) aux ‘français’, autrement dit ‘francescus’ ou ‘francus’, en latin. Et que faisait ce mot dans la langue des romains, s’il vous plait? Il désignait les hommes d’une tribu germanique du ‘grand nord’ européen, les ‘francs’ (franks, sans doute), c’est dire les hommes…’libres’, au sens que nous avons gardé pour désigner une zone ‘franche’, par exemple.

Résumons-nous: cet espagnol (de langue) porte donc le mot d’une racine germanique qui sert à désigner un peuple qui s’implantera un jour en Gaule avec suffisamment de réussite pour créer la ‘France’ et les français. Le prototype du ‘Français’ deviendra d’ailleurs le prénom ‘François’ (on disait «françouais» à l’époque de…François 1er, l’autre), d’où à la fois l’équivoque et l’homonymie. Reste à savoir si cet Argentin en poste en Italie avec un nom français pourra sauver un barbare (3) gaulois né…en Afrique!

NB: Plusieurs internautes m’avaient fait remarquer qu’il faut dire ‘Pape François’ tant que c’est le premier et seul, la déclinaison numérique n’intervenant qu’après l’existence d’un « n°2″. Je ne sais pas d’où peut venir l’info, mais il faudra alors m’expliquer pourquoi nous avons connu un ‘Jean-Paul 1er’ sans hésitation (et non un Pape Jean-Paul)…

(1) Voir l’article sur Conclave
(2) Dans notre langue, la racine va donner les patronymes (de)Broglie, mais aussi les variantes Breuil, Breuil(h), Breil, et donc Dubreuil, etc. Tous à prononcer ‘brollio’, breuille, etc
(3) Chronique spéciale sur…Barbarin!


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