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Berton (Frank)

Berton

Vous allez en entendre (et l’entendre) parler pendant quelques mois: l’avocat pénaliste, déjà mémorable défenseur des ‘accusés d’Outreau’ et de la française Florence Cassez incarcérée au Mexique, a été choisi -avec deux autres confrères- pour assurer la défense du terroriste Salah Abdeslam. Mieux disposé on ne peut pas, étymologiquement parlant, pour ce natif du Nord dont le patronyme épouse totalement une racine d’origine germanique.

Il s’agit de la syllabe ‘berth’ (ou bert, le ‘h’ est une simple marque locale), qui signifie…brillant, célèbre, talentueux, bref tout ce qui peut marquer la réussite et/ou la notoriété (la première étant préférable à la seconde). La principale responsable de la formidable diffusion de ce mot est une femme qui prenait son (grand) pied à l’époque carolingienne, rien moins que la mère du futur Charlemagne; dite Berthe-au-Grand-Pied (au singulier, contrairement à ce que l’on trouve souvent; il s’agirait d’évoquer une possible claudication, mais on n’a pas son dossier médical complet).

Bref (comme dirait Pépin, son…mari), Berthe contribue à créer une immense famille de surnoms-prénoms-noms, dont les Al-bert(h), Ro-bert(h), Gil-bert(h), Phili-bert(h), etc…mais aussi des formes plus ‘patronymiques’, tels Berton, Bertin, Bertineau, Berteau, Bertod, Bertat, Berty et tout ce que vous pouvez imaginer comme combinaisons en restituant ce ‘h’ originel, pour faire Berthon, Berthin, Berthineau, Berthod, Berthat, Berthou, Berthonneau, Berthonnier. On peut même y rajouter les versions péjoratives en Bertasse et Bertasson (celui qui brille à tort?) et les diminutifs italiens Bertocci et Bertolucci (pour ceux qui aiment le cinéma). Et d’autres encore…

Chaque variante marque la région d’où vient la souche famiiliale (Poitou, Normandie, Pays-de-Loire, Puy-de-Dôme, etc), Frank reconnaitra les siens…Justement, il y a un Bertin auvergnat (bien que né à Oran) dont je voudrais vous parler, celui qui a écopé, au Moyen-Age, d’un suffixe locatif (qui marque le lieu) typiquement latin, un ‘-ac’ également adopté par des milliers de communes françaises. Voilà qui nous fait donc un Bertin-hac médiéval, rapidement prononcé Bertignac, comme Louis, guitariste -forcément brillant- du groupe de rock Téléphone.

Citons également un Berth diminutif, qui, comme colimaçon, avion, garçon, girafon, etc emprunte le suffixe -on pour désigner le descendant (ou le plus petit) de la famille; celui-là est un criminologue du 19ème siècle, un Alphonse que vous connaissez peut-être et qui est à l’origine des premiers ‘fichiers anthropométriques’, grâce à un système de ‘bertillonnage’ (un échantillonnage d’informations) qui permettra pendant des décennies d’identifer les suspects, bien avant le fameux PNR des aéroports américains.

Autre Bert-h-illon célèbre, celui qui a gardé le h initial pour relancer à Paris, dans les années 1950, une turbine à glace(s) quasiment mise au rebut mais qui lui permettra pourtant de fondre (pardon, de fonder) l’empire commercial des sorbets qui portent son nom…Chance que n’aura pas Jean Bertin, ingénieur lui aussi brillant mais pas sous les feux des projecteurs, qui consacra sa vie à imaginer -en vain, à part quelques kilomètres expérimentaux du côté d’Orléans- un train à grande vitesse sur coussin d’air, et qui mourut à peine quelques semaines après l’annonce de la première ligne TGV. Lui aurait peut-être mérité l’aide d’un avocat devant l’Histoire, y compris étymologiquement!


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