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Bezos (Jeff)

Bezos

On peut être la première fortune mondiale et ne pas être exempt d’infortune, en tous cas conjugale comme le prétend un tabloïd américain qui en profite pour exercer une sorte de chantage à la réputation sur le richissime (et néanmoins mécène) patron d’Amazon. Et si le climat social n’est pas toujours au beau fixe dans la grande entreprise, il semblerait qu’une déstabilisation à sa tête ne déplairait pas au meilleur ennemi de Jeff, un certain Donal Trump qui risque de faire une drôle de moue, y compris étymologiquement!

Disons pour commencer que le patronyme de notre milliardaire est d’origine…suédoise, ce que nous n’aviez logiquement pas imaginé puisqu’il s’appelle en réalité Jorgensen, fils d’immigré scandinave (de longue date), avant d’être adopté par un (autre) immigré cubain au patronyme de consonance plus hispanique…

Jeffrey Preston (abrégé en Jeff tout court) est donc d’abord un ‘fils de Georges’, composé de la syllabe ‘-sen’ comme le ‘son’ anglais à la fin (le fils de) et la variante nordique du ‘gêorgios’ grec (l’homme de la terre, l’agriculteur), tout comme le Jürgen allemand, le Jorge espagnol, le Giorgio italien (Gigi, c’est toi là-bas dans le noir?), le néerlandais Joris ou le tchèque Jiri, parmi tant d’autres.

A toutes fins utiles, petit coup d’oeil sur les prénoms, dont ce Preston ‘so british’, version simplifiée d’un ‘prieston’ qui évoque la propriété (le domaine?) d’un prêtre; quant à Jeffrey, il s’agit évidemment d’une adaptation yankee du très germanique Godefroy (faites sauter le ‘d’ central et ‘mouillez’ le G initial), ce qui en fait un ‘god-frid’, c’est-à-dire une combinaison entre un dieu (god) et la paix (frid). Que de bénédictions divines!

Bezos est donc le nom d’un beau-père de descendance espagnole (au moins linguistique), dont on se dit que l’ancêtre a bénéficié de beaucoup d’affection, d’abord sous forme de…bisous (besos à Madrid, devenu bezos à La Havane), mais pas que: car un ‘beso’ peut aussi avoir la forme un peu plus effrayante d’une très concrète ‘lèvre lippue’, si vous me pardonnez le pléonasme.

Il n’est même pas question ici d’injections de Botox plus ou moins réussies dans les ourlets charnus d’une bouche à bisous, mais d’une possible allusion à des effets dus à des maladies (variées) qui provoquent des excroissances de chair sur le visage (ce que les Anglais appellent ‘proud flesh’, des bourgeons charnus exubérants).

A tout le moins, le ‘bezo’ a été pendant plusieurs siècles en Espagne le terme académique (médical) d’un syndrome de la lèvre épaisse qui se manifestait par une élévation possiblement purulente de la région buccale. Pas franchement de quoi avoir envie de tenter un fougueux ‘french kiss’, version ‘Alerte à Malibu’, tant pis pour Jeff…

Pour vous permettre d’effacer quelques images un peu surprenantes, j’en termine avec quelques homonymes plus ou moins proches en français, comme le très nordiste Bézin, déformation d’un Vézin qui désignait très clairement un voisin; ou encore l’autrefois célèbre Bézu, surnom picard en relation avec une racine celte évoquant un ruisseau; quant au breton Bezou, il hérite directement (pour une fois) du latin ’betulus’ qui visait un bouleau, le Bezouet étant donc le locatif d’un endroit où poussait abondamment ce type d’arbres.

Pour les amateurs de foot, c’est également cette même racine végétale qui donnera la contraction Bès ou Bez, comme feu le président des Girondins de Bordeaux, Claude. Comme quoi, il faut toujours se méfier des histoires de baisers, surtout étymologiquement!


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