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Biraben (Maïtena)

Biraben

Bataille de ‘mercato’ audio-visuel ou règlement de compte(s) médiatique? Comme tous les ans, la fin du printemps promet quelques coups de vent chez les journalistes ou animateurs de tévision; aujourd’hui, c’est la présentatrice de Canal + qui semble faire l’objet des rafales du groupe Bollloré*. Les vents seront-ils favorables à la blonde amatrice de rugby? Il serait souhaitable que les choses tournent bien pour elle, en tous cas étymologiquement…

Au cas où vous le l’auriez pas encore compris ou entendu dans ses interventions, la belle est landaise (donc gasconne) d’origine basque, ce que dénote très clairement le prénom choisi par ses parents, une Maïtena qui flotte dans la mythologie basco-béarnaise, à côté de Maïté (contraction de Marie-Thérèse), de Maïtextu (prononcez Maïtétchou) et autres Maritxu…Le mot est le plus souvent ressenti comme un diminutif affectueux, qui est peut-être la raison du choix familial, à part que ce soit une allusion au superbe roman de l’écrivain…béarnais Bernard Nabonne (prix Renaudot 1927). Toujours est-il que l’on donne à ce prénom le sens de ‘celle qui est aimée’ ou ‘qui est estimée’ (à combien par la chaine?).

Quant à ce Biraben, il reste énigmatique (pour non-gascon) si l’on oublie que, dans les ‘règles’ linguistiques des parlers de la zone sud de la France, l’alternance entre les consonnes ‘v’ et ‘b’ est fréquente, pour ne pas dire systématique. Petit rappel basique: on écrit ‘venta’ (vente) en français, mais on prononce ‘benta’ en espagnol; on parle de ‘vin’ ici, mais de ‘bino’ là; on dit ‘vendredi’ à Paris, mais on entend ‘biernes (viernes) à Madrid…bref, on a affaire ici à quelque chose (ou quelqu’un) qui bira-ben, autrement dit qui vire-ven(t) ou qui vire-bien, les deux versions s’affrontent.

Les mots sont précis, le sens l’est effectivement moins; de façon générale, on pense que l’expression s’applique plutôt à un toponyme, le nom d’un lieu qui pourrait justifier l’appellation, comme une colline (au milieu d’une plaine?) qui faisait ‘virer le vent’, c’est-à-dire détourner le courant d’air ou, au contraire, en être l’objet soit un endroit avec des vents…tournants.

Certains penchent (sous le vent) pour quelque chose qui ferait con-tourner le vent, comme un obstacle naturel constitué par un rideau d’arbres ou une haie (parlez-en aux oliviers courbés sous le mistral en Provence). D’autres encore, s’appuyant sur la souche quasi-exclusivement localisée en Pyrénées-Atlantiques, souffleraient plutôt dans le sens d’un ‘vire-bien’, ne resterait plus qu’à savoir quoi ou qui prend les vir…ages sur les chapeaux de roue et pour quelle raison.

Surprise, ce pourrait bien être un ‘biradent’, variante qui se retrouve également sous cette orthographe en patronyme, justifiant ainsi le ‘t’ final: il s’agit du (sur)nom que donnent les autochtones au…martin-pêcheur, ce petit oiseau d’un bleu et orange vifs, particulièrement habile à négocier avec les courants (d’air) avant de plonger dans les courants (d’eau) pour avaler les poissons…Mieux encore, et plus technique: les anciens avaient remarqué que, lorsque la proie se retrouvait dans son bec par la queue, le martin la (re)lançait dans le vent pour la rattraper par la tête, histoire d’éviter d’avoir la gorge-rouge en l’avalant à contre-écailles!

C’est aussi ce que fait l’un de ses congénères, un petit oiseau tacheté noir et blanc qui chasse la nuit en volant le bec ouvert, que l’on a logiquement appelé engoulevent, littéralement ‘celui qui prend le vent dans la gueule’ (rassurez-vous, uniquement quand il sent passer de insectes au ras du bec)…A défaut de d’ouvrir la sienne sous des vents contraires, souhaitons à Maïtena de continuer à tourner dans le bon sens; en tous cas, bon vent, y compris étymologiquement!

(*) voir récente chronique dans les archives, en tapant le nom en haut à droite de cette page.


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2 commentaires au sujet de Biraben (Maïtena)

  1. Maitena signifie ma bien-aimée en basque. De plus, le tréma n’existe pas en basque donc c’est soi Maitetxu soit Maïtétchou. Enfin, le « txu » vient de ttipi (prononcer tchipi) qui signifie petit donc diminutif affectif en effet.

    Ikus arte !

  2. Le V castillan, la « oubé » est un peu plus subtile. C’est entre le V et le B mais pas vraiment un B franc. Je précise en castillan car la prononciation diffère en Amérique Latine ou dans les langues gasconnes par exemple.

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