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Blachas (Christian)

Blachas

Journée noire pour l’homme qui a donné des couleurs à la publicité, Christian Blachas, rédacteur en chef de magazines professionnels et créateur de l’émission d’M6 «Culture Pub». L’actualité -puisque c’est le fil inévitablement conducteur de ces chroniques- permet de se poser la question de l’étymologie d’un tel nom; petit test alentour: beaucoup l’entendent comme péjoratif (une blachasse?), d’autres comme un toponyme (la blache, la fache, la drache…?), d’autres enfin le rapprochent visuellement de la couleur blanche. Et vous, quelle est votre interprétation? Vous avez trouvé?

En tous cas, aucune des trois proposées ci-dessus, bien que ces raisonnements soient tout à fait (étymo)logiques: en effet, beaucoup de patronymes ont pu être créés d’après un son, ici très caractéristique avec ce redoublement de la voyelle ‘a’, et c’est bien la solution de l’énigme…Seulement voilà, il faut remonter (loin) au latin puis gaulois ‘blacca’, terme très précis qui désigne non pas la couleur bla(n)che qui se dit albus, mais une jeune pousse d’arbre; çà ne s’invente pas.

De fait, on trouve quelques (rares) mentions d’un mot d’ancien-français tel que ‘le ou la blache’, indifféremment masculin ou féminin comme assez souvent autrefois, pour caractériser une jeune plantation (un regain, un semis forestier); puis, au début du 19è siècle, le sens se spécialise dans un type particulier de plantations constituées d’une variété de chênes, le chêne…blanc (sonorité équivoque mais tout à fait accidentelle: le chêne blanc en question se trouve dans les nomenclatures botaniques sous son nom latin de…quercus pubescens, alors…!)

Voilà pourquoi il y a en Ardèche ou en Lozère des (bois de la) Blachère, ou Blacheyre (en Auvergne), parfois Blachas ou Blacas (version occitane, sans le ‘h’) du côté d’Avignon jusqu’à Montpellier. Christian portait donc le nom d’un ancêtre propriétaire ou habitant d’un terrain marqué par les chênes blancs, ainsi appelés parce que ‘pubescents’, c’est à dire couverts de petits ‘poils de duvet’ comme le…pubis d’un adolescent, tout cela appartient à la même famille (sauf les glands). Petit rappel déjà mentionné ici: l’autre terme latin de ‘quercus’ a évidemment donné son nom à la région où poussent les chênes, le…Quercy.
Signalons au passage que le chêne est à l’origine d’une forêt de noms propres, en fonction de la variante régionale qui le nomme: On commence par la version ‘française’, la plus transparente, d’après le latin ‘cassanus’, qui donnera les Chêne, Duchenne, Duchesnay, Chesnay, Chesnel, Chénier, Duquesne, Duquesnoy et autre Queneau… Puis on passe à la version occitane (lo cassou), formée sur la même racine, qui se décline en Casse, Ducasse, Chassaing, Castaing, Cassagne, etc… Et enfin le chêne-rouvre (du latin ‘robur’, qui donnera…robuste!), pour les Rouvre, Durouvre, Rouvroy, Rouvière, et autres Rouveix.

C’est cette dernière variété de chênes qui deviendra célèbre en contredisant (bêtement) le roseau, dans une fable de La Fontaine. Comme quoi, Mr Blachas avait vraiment de la branche!


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3 commentaires au sujet de Blachas (Christian)

  1. Bonjour Dominique!

    Vous avez perdu dans votre forêt patronymique relative au chêne (kermès) une autre dénomination occitane, « garric », qui a accouché des noms de familles tels que Garric, Garrit, (La)Garrigue (là c’est couvert de chênes!!), Garrigou, Garriguenc…!
    Pour l’anecdote, ce que l’on appelle de nos jours « la garrigue » n’est en fait qu’un endroit planté de chênes (méditerranéens), issu du provençal « garriga ».

    Continuez dans cette voie et épatez-nous encore avec vos études passionnantes !
    Damien

  2. A ce propos voilà un article fort intéressant : http://www.etymologie-occitane.fr/2011/11/les-noms-du-chene/

    … issu d’un site d’étymologie occitane et de comparaisons linguistiques également très sérieux et très bien fourni !

  3. Bonjour Damien, merci de ces précisions (c’était juste pour voir si quelqu’un allait en rajouter (::). Tout à fait d’accord avec vous sur la garrigue, devenue synonyme de terrain sec et caillouteux, que l’on croit -à tort- stérile, tout simplement à cause de la forme basse des taillis de chênes…garrics qui pouvaient y survivre. Sans compter le chêne-vert (l’yeuse) qui pousse dans la même région.

    Je ne voudrais pas faire de la chronique une revue botanique, mais tant qu’on y est, il faut rajouter une autre branche de chêne, le « tauzin » (quercus tozza ou tauza), qui va donner les familles Tauzet, Tauzy, et Tauzia, nom d’une rue proche de la gare de Bordeaux, qui ne doit évidemment pas son nom à un bois de chênes qu’on aurait planté là mais au patronyme de la famille propriétaire de plusieurs immeubles dans la rue pendant longtemps…

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