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Blackman (Honor)

Blackman

Dans le film qui a rendu mondialement célèbre sa plastique (‘Goldfinger’), elle mourait nue et asphyxiée sous une couche de peinture en or; dans la vie, elle fut le prototype de la belle femme selon Hitchcock (avec lequel elle ne tourna jamais), illuminant de sa crinière des westerns (‘Shalako’, face à Brigitte Bardot et…Sean Connery), des comédies (‘Le journal de Bridget Jones’) ou encore quelques séries B avec de pseudo-vampires dont elle était la blonde victime; ce qui tombait bien mal, au moins étymologiquement.

Petit préambule avec un prénom féminin perçu comme un peu étrange dans la culture française (normal, puisqu’il est surtout anglais et irlandais) qui lui préfèrera Honoré, Honorat (plus rare), Honorin (si vous habitez Marseille ou la Provence) ou enfin Honorine (si vous préférez les Yvelines, même si c’est Conflans). Quelle que soit la forme du mot, il est question bien entendu d’honneur’, y compris pour l’honor’ espagnol, l’onore’ italien et l’onoare’ roumain.

La question (d’honneur, bien sûr) est de savoir pourquoi nos ancêtres tenaient à ce nom de baptême, en dehors d’un appétit particulier pour un évêque du 7ème siècle qui devait être assez chou pour laisser son nom à un gâteau et devenir ainsi l’idole des pâtissiers. Car, quand on y réfléchit, baptiser ‘Honneur’ un nouveau(nouvelle)-né(e), ce n’est pas comme Bienvenu(e) ou Benoît et Bénédicte (supposés bénis de Dieu)!

L’honneur en question ne pouvait en aucun cas être le résultat d’une action ou d’un comportement du porteur (encore impuissant) et devait donc retomber sur les géniteurs (laborieux? inespérés? célèbres?); peut-être, comme le sens latin originel le stipule, l’enfant était-il une marque d’honneur, de reconnaissance envers la divinité; ou encore (toujours pour un Romain) était-il l’honneur de la famille au sens de la…beauté, la ‘petite chérie’ ou la ‘princesse’ du clan!

Toujours est-il que, chez les ancêtres des Blackman, les brunes ne comptaient pas pour des prunes puisque la signification de ce surnom très coloré concerne majoritairement des gens à la chevelure (parfois, mais plus rarement, à la pilosité) noire. Tout comme pour les Blackbird, les Blackwell ou les Blackwood (1), il s’agit de caractériser une matière sombre. Et le physique des gens faisait partie des premiers détails que pouvaient mettre en exergue nos aïeux pour désigner leurs contemporains.

On trouve parfois pour ce nom des allusions à des ‘gueules noires’ comme on disait chez les mineurs de charbon, mais le terme est beaucoup trop tardif (le 19è siècle!) pour être logique; idem pour un possible transfert d’après la couleur du costume des prêtres (la soutane) ou des avocats (la robe), que l’on appellera plutôt Leprêtre ou Lejuge, même s’ils sont charpentiers ou charcutiers.

Du coup, les Blackman francophones seront plutôt des Noir (comme l’ex-homme politique lyonnais Michel), des Lenoir (comme l’écrivain et conférencier Frédéric), des Noiret (comme l’acteur Philippe) ou des Noiraud (chez les hommes) et des noiraudes (chez les vaches), car on ne peut pas qualifier de ‘black’ tous les méchants du cinéma (avec des habits souvent aussi noirs que leur âme) ou de l’Histoire (les mousquetaires du Cardinal, à cause de la couleur de leurs chevaux alors qu’ils formaient une ‘Garde Rouge’…), etc…

Le seul qui s’en soit bien sorti avec le noir est un renard californien nommé Zorro (2), un homme en or bien plus discret qu’un certain homme d’affaires balte dit Auric Goldfinger, d’où le titre du film et le nom du personnage (ou inversement)…Les producteurs -ou scénaristes?- ont d’ailleurs été bien plus audacieux dans leurs trouvailles que le simple ‘homme au doigt d’or’ (au singulier, vraiment?).

On remarque déjà que son homme…de main (celui qui enduit les victimes à la peinture dorée) a pour nom Mr.Oddjob (monsieur Sale Boulot); mais que dire du rôle de la blonde héroïne affublée d’un ’Pussy Galore’ (de la chatte à gogo!), qui sonne si exotique à des oreilles françaises (qui n’y voient que du feu) et si vulgaire à des anglo-saxonnes. A tel point que les distributeurs américains avaient tenté de le faire changer en ‘Kitty’, qui veut dire minette en beaucoup plus puéril mais tout aussi équivoque.

Il se dit que Ian Fleming (l’auteur du roman) avait insisté pour garder ce clin d’oeil à…une tenancière de bordel de l’Etat de New-York (3). L’état-civil de fiction des James Bond Girl suivantes seront bien plus sages mais pas forcément moins primaires; y compris étymologiquement!

(1) Dans l’ordre: oiseau, puits, forêt

(2) Voir l’article consacré à ‘Mr Zède’ (2015)

(3) Sur la côte Est, à la frontière du Canada (capitale, Albany)


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