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Bochet (Marie)

Bochet

Et boum! Il n’aura fallu que quelques (dizaines de) secondes aux athlètes paralympiques pour ‘ouvrir le compteur’, comme disent les médias, des médailles françaises. C’est le cas de la skieuse de Chambéry (Savoie, ça aide) qui s’est adjugé d’emblée la récompense en or, presque simultanément avec son collègue de biathlon Benjamin Daviet (or également). Bloquez votre respiration: avant la fin du jour, le jeune Arthur…Bauchet (et non Bochet, comme l’a écrit rapidement une chaine d’infos), 17 ans, décroche une médaille d’argent…Bochet & Bauchet, on s’y perdrait, surtout étymologiquement!

Car peu de patronymes ont, pour l’un comme pour l’autre, autant de provenances et de sens possibles: honneur aux dames, avec ce ‘bochet’ (nom commun) auquel on prête de nombreuses racines. Les plus fréquentes sont celles d’un…petit bois (normal, pour des racines), un toponyme particulièrement répandu dans la région d’origine de Marie; vous y reconnaissez l’un des traditionnels suffixes diminutifs en ‘-et’ (-ette au féminin), greffé (!) sur l’ancien (9è siècle) terme germanique ‘bocco’, puis ‘bush’, à l’origine de toute ce qui peut évoquer un…bouquet (même tige) d’arbres, du bois au bosquet, bousquet, bouscat et autres buissons (bush, en anglais), bref de quoi localiser le porteur du nom.

Signalons au passage que, malgré les apparences et les sons, certaines formes en Boche ou Bochard n’ont rien à voir avec les soldats du Reich (*), pas plus que les Bauch (spécifiquement lorrains) qui s’appuient -c’est le cas de le dire- sur le…ventre d’un homme à l’estomac dilaté (Bauchmann), d’après une syllabe rare de l’allemand médiéval qui est…buch.

Autres candidats homonymes, les Bauche (et donc Bauchet, comme Arthur), soutenus dès le 13ème siècle par un ‘balc’ (futur balcon!) du dialecte francique (futur français), avec le sens d’une poutre de soutien ou d’un étai. Et savez-vous d’où venaient ces pièces de bois, parfois plus finement découpées pour servir de lattes pour couvrir les toits? D’un petit bois évidemment, ce qui ne fait qu’ajouter à l’équivoque des Bauchot, Bauchin et Bauchard.

Le plus original (et inattendu) est quand même l’évolution de ce mot, dont la forme ‘bau’ va prendre au fil des siècles un sens figuré pour évoquer le soutien que l’on doit donner à un nouveau travailleur qu’il faut donc former avant de…l’em-bau-cher, ou débaucher évidemment s’il n’ébauche pas bien son travail!

Du coup, on se dit qu’une ‘bauche’ pourrait définir le travail en question; manque chance, celle-ci vient d’un mot gaëlique (irlandais) qui veut dire fort ou dur, spécialement quand, une fois passé dans le vocabulaire français, il en viendra à désigner des terres argileuses qui deviennent cassantes en séchant, donc incultes, ce qui est finalement le plus important (et dramatique) pour nos ancêtres.

Dernier rebondissement: il y a, hélas, pas loin (phonétiquement) un autre terme ‘bauque’, qui va donner lui aussi des bauchet et baucher, mais évoluer le plus souvent en baugé ou bauger, pour qualifier des sols…humides (!), une terre grasse que l’on mélangera à une certaine époque à de la paille pour faire de la bauche, une sorte de pisé pour construire des murs. Au milieu de tous ces matériaux, ne manque plus que de la bonne poudreuse pour donner à nos champion(ne)s de quoi monter sur les podiums. Sauf étymologiquement bien sûr.

(*) voir à ce sujet l’article sur Filoche (Gérard)


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