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Botton (Pierre)

Botton

Campagne électorale oblige, plus possible de parler d’hommes ou de femmes (directement) concernés par la politique, presque tous et toutes déjà épinglés sur ce site. Or, revient ces jours-ci sur les écrans de télévision l’ex-homme d’affaires lyonnais, emporté dans les années 1990 par une histoire d’abus de bien sociaux qui lui valut quelques temps de prison…Il milite aujourd’hui pour l’amélioration des conditions de détention. Curieuse coïncidence: celui qui fut considéré comme l’entremetteur de Michel Noir et autres hommes de pouvoir possède un patronyme dont l’étymologie est d’une précision de sens déconcertante.

Botton, Boton, Bottoneau ou même Bottelin font en effet partie d’une petite famille de mots formés sur la racine germanique ‘bod’, qui signifie…le messager (le porteur de valises, quoi). Bon d’accord, il est probable que le mot ait voyagé -entre le 5è et le 7è siècle- dans les malles de quelques tribus d’envahisseurs venus du Nord et descendus le long du Rhône, d’où la localisation du mot. On pense même qu’il y a eu, à l’époque, tout un annuaire de ‘bottons’, puisque l’un de leurs descendants aura l’idée de répertorier, en 1797, les entreprises et industries de Paris dans un bouquin qui prendra son nom, Sébastien Bottin (la racine est la même) ! Tous les ancêtres de ces gens avaient donc quelque chose à voir avec des liaisons, dont on sait qu’elles peuvent parfois être dangereuses.

Voilà en tout cas un exemple de variantes simplement dues, il y a longtemps, à des effets de prononciation, selon la région où le mot est entendu et répété. L’occasion est trop belle pour ne pas raconter ici une histoire drôle linguistique (si, si, il y en a), citée par un éminent sociologue (*):
La scène se passe au Maroc, dans une école primaire. L’instituteur rectifie un élève:
«Non, Mohammed, on ne dit pas le ‘boton’ mais le ’bouton’»
Son voisin intervient et demande:
«Hé, m’sieur, m’sieur, c’est quoi le boton?»
Et Mohammed lui répond:
«Le boton, c’est quand le soleil il brille…»

Comme quoi, chacun comprend ce qu’il entend avant tout, et la langue est bien une question de phonétique! Autant en profiter pour préciser en conclusion que le ’bouton’ (de fleur) vient d’une autre racine (…forcément) qui est, elle, d’origine néerlandaise, ‘botten’. L’idée de ce très ancien verbe était l’action de frapper (em-bou-tir), puis de bou-sculer (même mot!), et plus particulièrement de bousculer en (re)poussant. D’où le terme favori de Jeanne d’Arc, ’bouter’ (les Anglais hors de France). Au fil des siècles, on a gardé cette image de quelque chose qui pousse pour faire sa place, soit le bouton (végétal) qui fait craquer son enveloppe au printemps. Autrement dit, un bout-on, c’est le diminutif de ’bout’, ce qui donner un petit coup de bout-oir pour naitre…

Par comparaison, si vous avez une éruption de boutons sur la figure (ou ailleurs, selon la saison) c’est à cause du même processus; quant au bouton de veste ou de manteau, il prendra ce nom tout simplement parce que les premiers modèles, de forme ronde ou ovale, évoquaient le bourgeon en question. Puis, comme ce n’est ni pratique ni très joli sur un liseré de chemise, le bouton devra s’aplatir pour entrer dans la…boutonnière. Même si l’étymologie est très différente, c’était bien le moment de faire une fleur à notre Botton…

(*): in «Il était une fois 7000 langues», de Louis-Jean Calvet, éditions Fayard.


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