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Bourgnon (Laurent)

Bourgnon

L’actualité n’est pas toujours (souvent) heureuse, et parfois tristement répétitive: A la Une de certains journaux aujourd’hui, la disparition en mer du navigateur Laurent Bourgnon, double vainqueur de la Route du Rhum, lors d’une plongée sous-marine dans le Pacifique. Il n’empêche, d’Alain Colas à Eric Tabarly, les grands marins auraient-ils le ‘mauvais oeil’? Ou peut-être n’est-ce qu’une histoire de vague meurtrière? Car la racine du mot est aussi mystérieuse que la disparition (pour l’instant) de ce Bourgnon.

Etymologiquement parlant, éliminons tout de suite deux sources possibles: tout d’abord celle d’un dérivé de ‘bourg’ (au sens de place forte, château, puis ensuite de village, et enfin d’agglomération urbaine), dont on connait bien le nom de ses habitants, les bourg-eois; celui d’une petite cité, le Bourg-et; et quelques résidents comme les Bourg-ine, les Bourg-eix ou les Bourg-ès.

Pas davantage de bourgnon (le nom commun qui a précédé le patronyme) dans les bourgeons, issus d’un point de vue linguistique du latin ‘burra’ (époque classique) ou ‘burrio’ (époque décadente) qui évoque…la bourre, autrement dit, comme on le comprend encore aujourd’hui, un ballot de poils ou de crin, selon que vous remplissez un matelas ou que vous peignez la girafe.

Quel rapport? C’est tout simplement qu’à l’origine les Romains avaient constaté que l’excroissance végétale du futur rameau d’une plante (et non pas d’une fleur!) était enveloppée dans un duvet; ce n’est que plus tard qu’on n’a retenu que la forme du bouton sous la bourre, pour l’appliquer à la rose que vous offrez à votre maman, puis à la pustule du visage d’adolescent que vous offrez à vos voisins.

Venons-en donc au bourgnon, ou plus exactement à la bourgne, très probablement héritée du terme occitan de ‘borna’ (bornha, en v.o), qui définit…un trou d’eau. Le mot apparaît probablement au 13ème siècle, quelque part en Auvergne en ce qui concerne la France, et a essaimé d’Angoulême à Issoire en passant par Cahors, ce qui semble géographiquement logique. De la même façon, on trouve, à la même époque, le phonème (le son) ‘bourgon’ aussi bien aux marches de la Bretagne qu’en Lorraine, pour désigner une rivière ou une source; la tradition orale (et ses péripéties) ont peut-être transformé la prononciation et créé une équivoque.

Sans compter qu’il existe ‘pas loin’ (à l’échelle européenne) des Bourgoin de…Bourgogne, descendants de Burgondes, cette tribu ‘d’envahisseurs’ qui donneront également naissance à des Bourgognons, dont notre patronyme pourrait être une contraction… Allez savoir, d’autant que la souche familiale (récente ou pas?) de Laurent se situe en Suisse (francophone), territoire largement couvert par toutes les virées des précédents ostrogoths!

Las, il existe de Bourgnon ‘français’ qui ont souvent été mal vus (et réciproquement), car ils représentent une forme méridionale des…Borgnon, diminutif classique de Borgne (le petit-borgne). De nos jours, on ne prononce quasiment plus jamais cet adjectif, pour des raisons de civilité politiquement correcte, mais, au 12ème siècle, le mot avait une autre puissance, et servait à qualifier, bien au-delà d’un homme qui avait perdu la vision d’un oeil (phénomène assez fréquent pour des raisons de combats), quelqu’un qui était…louche.

En effet, borgne s’appliquait au moins autant à un homme pourvu de ses deux yeux mais affligé d’un strabisme. Et, en vertu de croyances (ou fantasmes, ou névroses, choisissez) en cours à l’époque, souvent pour des questions religieuses, cet homme-là, dans sa différence, représentait le diable, bref…le ‘mauvais-oeil’! Du coup, tout ce qui semblait maléfique ou dangereux est devenu louche, pour ne pas dire borgne (y compris les hôtels miteux suspects d’activités réprouvées par la loi et/ou la religion).

Et vous savez quoi? La racine de l’adjectif ‘borgne’ (très loin de Bourgnon, donc), c’est une syllabe antérieure à la langue latine, probablement de descendance celte, qui est ‘born’; laquelle, comme un certain nombre de toponymes restés ancrés dans le sol landais, désignait un…trou, au sens de l’oeil manquant bien sûr, mais peut-être aussi finalement celui, plein d’eau, qui a aspiré Laurent!


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