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Bruel (Patrick)

Bruel

Le sujet du jour est…politique, même si vous avez reconnu le nom d’un célèbre chanteur, au discours néanmoins ‘citoyen’, et qui n’a jamais hésité à donner son avis sur l’actualité, la société, et, cette semaine, les résultats de nos récentes élections municipales. Le ‘buzz’ du moment concerne donc une prise de position selon laquelle Patriiiick refuserait de donner des concerts dans certaine(s) municipalité(s). Est-ce l’arbre qui cache la forêt? Peut-être; en tout cas, étymologiquement.

Le bruel -nom commun- fait en effet partie d’un bouquet de mots qui remontent à l’époque gauloise, quand les habitants des villages n’avaient pas tous leur case autour du banquet central, mais un peu à l’écart en lisière de forêt. A cette époque, le mot ‘broglio’ (prononcez ‘brollio’, à l’italienne, c’est important) désignait un petit bois entouré d’une haie, ou parfois d’un enclos (plus tard, d’un mur). IL s’agit donc d’un toponyme, un nom de lieu, qui fait penser, bien avant les opérations de remembrement des campagnes, à une sorte de bocage. Intérêt du lieu? Permettre à certains animaux de trouver un abri, et/ou marquer les limites d’un territoire agricole voisin.

Or, d’un point de vue linguistique, ce ‘broglio’ va se transformer un peu dans tous les sens, à commencer par un ‘brogilo’ (sous influence latine), puis un ‘broilh’ (vieux -français) et ‘brolh’ (occitan). Car, dans le mot, le ‘g’ est dit «mouillé», il n’est pas sonore à la prononciation, ce qui revient donc à dire ‘brollio’, devenue ‘broïl’…Dans certaines régions (Limousin, Auvergne, Lyonnais), ce même son va être moins ‘ouvert’ et donner ‘breuil’, d’où les futurs Dubreuil (celui qui habite près du-breuil) très nombreux dans tout le Sud-Ouest, les Dubreuilh version gasconne, les Breuillat et Breillat, sans oublier évidemment les Breuil, eux-mêmes raccourcis en Breil, et enfin, après une petite métathèse (une inversion des lettres ‘u’ et ‘e’), les Bruel, variante typique de la région du Forez. Enfin, chanteur pour chanteur, autant y rajouter le nom d’un autre barde célèbre formé d’après ce mot gaulois, les Brel, que l’on ne trouve pas qu’en Belgique.

Seulement voilà, comme vous vous le dites peut-être depuis le début de cette chronique, le Bruel du Patriiick n’est qu’un pseudo, puisque notre homme est originaire d’Afrique du Nord et porte, à l’Etat-Civil, le nom de Benguigui, comme beaucoup de familles séfarades de la région. Dès lors, on peut analyser rapidement le mot en restituant un ‘ben-guigui’, avec un terme utilisé comme préfixe (ben-) marquant toujours la filiation (le fils de…); le ‘-guigui’ restant semble être d’origine berbère, sorte d’onomatopée redoublée évoquant le bruit que fait un pieu que l’on fiche dans le sol (pour marquer le territoire de la tribu. Ou signaler un point d’eau pour les bêtes, selon les interprétations).

Du coup, voilà qui rapproche le pieu du Benguigui d’une cité dont la fondation a la même étymologie (un madrier planté sur un terrain émergeant du Gave, selon la légende), ce pieu béarnais devenant un ‘piau’, puis la ville de…Pau. Sauf erreur, vu le dernier maire élu, pas de problème pour l’inscrire dans la tournée de Bruel!


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