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Canfin (Pascal)

Canfin

Il ne s’est retiré qu’en fin du (faux) suspense sur le nom du nouveau-futur-ex?-ministre de la Transition Ecologique et Solidaire (cherchez l’erreur), cet homme du Nord qui, finalement, ne quittera pas ses animaux (1), au patronyme qui en a étonné plus d’un et que l’on ne peut pas vraiment décoder au premier coup d’oeil. C’est que ce mot repose à l’origine sur une simple graphie (écriture) du son qui le définit, comme beaucoup de nos mots originels. En clair, il faut tout réécrire pour comprendre…

Alors, comment écrire différemment Canfin? Canphin, Camphaim ou Camphaing…Eh bien, c’est comme vous voulez car toutes ces orthographes (en tous cas celles que l’on connait avec certitude) sont bonnes! Moins exotique que Flessel, plus occidental que Maracineanu (2), le ‘canphin’ viendrait d’une racine de bas-latin (époque…dégringolade de l’Empire), adaptée dans le gaulois d’après le terme ‘canfinium’ qui aurait lui-même donné ‘confin’ en français moderne…

Que de conditionnel(s)! Certes, mais il y a, comme cela arrive parfois, plusieurs hypothèses plausibles à la chose: la première est donc une histoire de limite ou de frontière qui définissait un territoire; on est alors aux environs du 5ème siècle (et de Roubaix), et le mot plait suffisamment à quelques futurs citoyens des Hauts-de-France pour nommer ainsi leur cité, comme Camphin-en-Carambaut (‘le pays à blé’, code postal 59133!); ou encore Camphin-en-Pévèle (59790, si, si, ça existe, ‘le pays des riches pâturages’)…L’idée est que l’un et l’autre se trouvaient ‘en bord’ d’une limite (le confin), comme Carambaut en lisière de l’Artois par exemple, tout cela bien planté dans la campagne lilloise.

Et justement, la seconde étymologie pourrait bien venir d’une histoire de campagne, la mention ‘Campyn’ apparaissant parfois dans des écrits du 16ème siècle, d’après le latin ‘campus’ qui donnera aussi bien campagne que champagne, sans oublier une parenté possible avec une ‘morne plaine’ belge aux frontières de la Hollande appelée…Campine. Pourquoi pas? «M…alors!» comme aurait dit un général français à Waterloo (autre plaine, elle très vide d’espoir).

Quelques linguistes acharnés y voient encore la description possible d’un lieu ‘près d’un combat’ (kampf-en, en germain), dans un champ qu’ils n’hésitent pas à tirer jusqu’à la bataille de Bouvines, site -voisin il est vrai- de victoire royale (1214, vous vous souvenez?), le fringant Philippe-Auguste étant venu faire de la location RnB une nuit à Camphin (ça suffit pour entrer dans la légende et le dépliant touristique local).

Hélas, notre Pascal n’aura même pas eu l’occasion de faire campagne pour sa nomination; ne lui reste plus qu’à continuer de la battre pour la promotion des différents livres qu’il a écrits: « L’économie verte expliquée à ceux qui n’y croient pas » (2007), « C’est pollué près de chez vous, les scandales écologiques en France » (2008), ou « Le contrat écologique pour l’Europe » (2009). En voilà un au moins qui était concerné par le sujet, y compris sans doute étymologiquement!

(1) Il est directeur du WWF France (et néanmoins ex-député européen, ex-ministre du Développement, etc…)

(2) Respectivement ex- et nouvelle ministre des Sports


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