C’est l’histoire d’une «folie sanguinaire», celle qui est censée caractériser le présumé meurtrier de la famille orvaltaise (44) Troadec, pour cause de trésor dans une prétendue captation d’héritage. L’enquête encore en cours ramène sous les feux de l’actualité un patronyme qui a posé question à beaucoup de lecteurs; est-ce le contexte de l’affaire? Toutes les remarques attrribuent spontanément à ce nom des connotations désagréables (le son du mot) et, par conséquent, péjoratives. A tort ou à raison?

Eh bien, plutôt à raison! Première constatation, la forme ‘caouissin’ est particulièrement sonore et malaisée à prononcer, sauf peut-être si vous habitez du côté de la Bretagne, mais n’anticipons pas. En réalité, il y a ici une racine (caou- ou caoui-) suivie d’un dimutif (-ssin) sous un aspect assez rare mais que l’on retrouve par exemple dans le mot…poussin (contraction de poule-ssin, la petite poule, mais aussi le petit poul, puisque le sens était aussi bien -et plutôt- masculin à l’origine). Bref, ce ‘caoussin’ est un petit ‘caou’, rien à voir avec un ca(ill)ou ou un ‘kawa’ (café) mais avec le ‘kaouen’ ou ‘caouen’ breton, formes modernes d’un ancien ‘couann’.

Et ce ‘caouen’ vient directement du latin ‘cavannus’, l’animal le plus chouette de la Création puisqu’il s’agit du hibou! Vous allez me dire que ce n’est pas tout à fait pareil et vous avez raison, sauf que, dans l’Antiquité, il n’y avait pas encore de classification ornithologique très précise et tout rapace ‘strigide’ faisait partie de la même famille, de l’aigle au grand-duc. Tout comme les ovins (brebis, mouton, agneau ou bélier c’est le même mot), les bovins (boeuf, vache, beau, génisse) ou les équins (cheval, jument, poulain), etc…

Le Caouissin a donc fait son nid dans divers départements de l’Armorique et de l’Ouest, mais dans d’autres régions de France (Picardie, Lorraine), on trouve, comme d’habitude, la version avec le ‘ch’ à la place du ‘c’ initial, ce qui d’ailleurs permettra le mot ‘chouette’ justement, mais aussi les noms Chouin et Choussin, probablement influencés et mélangés avec la racine d’ancien-français ‘choc’ ou ‘chuc’, le choucas, autre nom de la corneille qui se retrouve alors dans le même filet.

Notez bien pour terminer deux variantes particulièrement inattendues de Caoussin: tout d’abord le synonyme et très minimal Cauet (le petit hibou) comme l’animateur de télévision Sébastien. Et surtout, en langue d’Oc et plus précisément en Lot-et-Garonne, crtains…Cahuzac (*), surnom d’un futur rapace qui, comme notre Hubert, laissera sans aucun doute des plumes dans l’Histoire. Au moins étymologiquement.

(*) Voir aussi une autre source possible, en tapant le nom dans le champ de recherche. Et, au sujet de la chouette, voir la rubrique sur…Les Trois Suisses!