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Cassel (Vincent)

Cassel

Il faut un peu se casser la tête en ce début 2019 pour trouver de bonnes nouvelles à la Une…A défaut de gilets incendiaires, de taxes inattendues ou de mises à prix d’esclaves du football, voici aujourd’hui une chronique carnet (bientôt) rose: l’acteur français ci-dessus a annoncé la grossesse de son épouse. Pas de quoi éclipser les commentaires politiques divers sans doute, mais une occasion intéressante de creuser autour de la racine de ce patronyme…


On ne saurait d’ailleurs mieux présenter la chose puisqu’il est question d’un arbre, que vous avez certainement déjà identifié surtout si vous habitez le quart sud-ouest de la France; il s’agit en effet d’un mot occitan (et plus spécifiquement gascon) qui désigne le chêne. Car, à l’instar des Dufresne (frêne), des Delaunay (l’aulnaie, l’aulne), des Rauzy (le roseau), des Coudrier (l’ancien nom du noisetier) et évidemment des Duchesne (du chêne) ou Duchesnay, ce sont là quelques exemples de toponymes, des noms de lieux caractérisés par leur végétation et qui ont ‘déteint’ sur la désignation de leur propriétaire ou de leur(s) habitant(s) voisin(s).

Or, l’arbre le plus symbolique de la culture française, autant comme parasol royal (au-dessus de la tête de Saint-Louis rendant la justice) que comme concurrent malheureux au bras-de-fer avec un roseau (dans une fable de La Fontaine), se décline en plusieurs versions sur le territoire, selon la région et donc le dialecte parlé localement ou régionalement.

Dans la majeure partie nord du pays, autant dire les 2/3 depuis Calais jusqu’à une ligne Royan-Tulle-Lyon, c’est le terme classique qui s’impose: le latin ‘cassanus’ va donner ‘chasne’ en ancien-français, puis chêne (avec le ’s’ qui saute traditionnellement sur le ‘e’ sous forme d’accent circonflexe). De fait, toute la Gaule de (future) langue d’oïl adoptera alors le mot…Toute? Non, car une petite poignée d’irréductibles bretons va perpétuer le son celte en gardant un ‘dero’ tout à fait particulier.

C’est donc dans le sud que va se faire sentir l’influence de trois langues très vivantes, le gascon, l’occitan et le provençal, en donnant respectivement les mots ‘casse’ (grosso modo, l’Aquitaine actuelle), ‘garric’ (une petite bande de la Corrèze à l’Aveyron), et le ‘rove’ (sur tout l’arc méditerranéen, arrière-pays compris).

Il faut préciser qu’à ces particularités proprement linguistiques se rajoutent des définitions pas toujours identiques: il y a de nombreuses variétés de chênes (tauzin, kermès ou liège par exemple, selon leur couleur ou leur particularité végétale) qui donneront eux-mêmes encore d’autres noms. En ce qui concerne le patronyme qui nous intéresse, l’étymologie est finalement assez claire.

Il est probable que ce ‘casse’, devenu d’abord ‘casso’ en gascon, est une fusion entre la forme latine originelle et une influence celto-gauloise (le ‘o’ final), lui-même à la…racine de nombreuses variantes: commençons par Cassel donc et Cassou (soit simplement patoisant, soit parfois diminutif), puis Cassan (comme l’ex-animateur de télévision Lionel), Cassin (comme le bayonnais René, l’un des rédacteurs de la Déclaration des Droits de l’Homme), et encore les Cassaing (pas Castaing qui renvoie, lui, au châTaigner), Cassagne et Cassignol.

On peut même y rajouter les Cassé qui malgré les apparences n’ont rien à voir avec des gens qui écrasent les pieds, les oreilles ou qui brisent ce que vous voulez (*); il s’agit simplement d’une graphie (une écriture) obligatoire pour bien montrer justement le rapport avec l’arbre et non pas une…cassure. Du coup, on comprendra mieux les composés avec un préfixe comme les Ducassé, Delcassé ou Ducasse évidemment, pour désigner des gens qui venaient d’un pays (ou d’un endroit) à chênes.

Par contre, il existe un homonyme parfait qui vient un peu se mélanger les branches avec l’autre, moins fréquent mais qu’il ne faut pas confondre , c’est un -ou plutôt une- ‘casse’ typiquement occitan(e) qui désigne, dans le Narbonnais, un récipient de cuisson. Celui-là même dont le petit format donnera la ‘cassole’, puis la cassolette bien sûr, puis, par ‘attraction’ avec un autre son, la…casserole!

Dans la première, on mettra tout ce qu’il fait à mijoter pour faire un ‘cassollet’ qui deviendra cassoulet; on confiera l’autre à un certain cuisinier nommé Ducasse qui saura en mettre en valeur le fond. Autant pour l’homme que pour l’ustensile, on ne peut franchement pas faire mieux étymologiquement!

(*) le verbe français au sens de briser vient d’un adjectif latin (cassus) qui signifie vide, creux; d’où plus tard l’un des sens du verbe ‘cassare’ (toujours chez les Romains) c’est-à-dire faire le vide en…cassant tout!


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