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Cocker (Joe)

Cocker

Pour saluer sa disparition, ‘you can leave your hat on*’ quand même; le célèbre chanteur de blues et rock anglais vient de succomber à un cancer du poumon. Mais pourquoi, m’écrivent quelques lecteurs, avoir donné le nom d’une race de chiens à des humains? Est-ce à cause de grandes oreilles pendantes ou de leur poil roux? Ni l’un, ni l’autre évidemment; pas plus que ce Joe n’était le descendant d’un cuisinier.

En effet, la majorité des journalistes ‘qui parlent’ (radio/télé) ne se sont pas gênés pour le rebaptiser Joe Cooker (prononcé ‘ou’), patronyme hybride et tout à fait improbable que l’on trouve plutôt, le cas échéant, sous la forme Cook (comme son concitoyen navigateur James). Dans ces conditions, on peut avoir affaire à quelqu’un qui cuisine (to cook), terme que l’on retrouve dans notre énigmatique ‘maitre-coq’ français, le second mot n’ayant rien à voir, du coup, avec le roi de la basse-cour mais bien avec un gars aux fourneaux; lequel, pour tout simplifier, peut faire cuire des…oeufs-coque, c’est-à-dire tout simplement dans leur coquille.

Notre Joe est donc un ‘cocker’ (prononcer ‘coqueur’), terme anglais qui nous renvoie directement au vrai…coq, surnom ancestral qui correspond à une métaphore, autrement dit une image symbolique qui gratifiait un humain des qualités (ou des défauts!) de l’animal en question, en raison de son apparence ou de son comportement (pour autant que l’on soit fixé, à l’époque, sur les réelles caractéristiques de la bestiole**). Bref, dès l’époque médiévale, un véritable zoo humain foisonne dans la société. Rien qu’en anglais: les Lyon bien sûr (sauvages), les Wolf (cruels), les Tiger (idem), les Fox (malins), les Colley (au poil noir!), les Falcon (à la vue perçante ou au nez crochu), les Nightingale (les rossignols), etc..
On trouve évidemment l’équivalent en français, ou à peu près. Mais ici, il nous reste l’emplumé Cock (dans un premier temps), qui correspond bien à notre Coq de poulailler. Les connotations supposées des Cock sont variées, alors on les précise souvent par un préfixe, comme le ‘baby-cock’ (les petits coqs) qui va se contracter en Babcock; plus surprenant encore est le ‘coq qui sautille’ (to hitch), qui va devenir évidemment Hitchcock (pas de suspense); ou encore le ‘coq des bois’, Woodcock. Et nous y voilà…

Car, pour chasser cet oiseau, on va dresser spécialement une race de chiens, les woodcocker (avec une terminaison -er qui indique l’action), lesquels seront rapidement abrégés en…cocker, type d’épagneul dont une Belle descendante sera capable de partager un plat de spaghettis bolognaise avec un Clochard. Cette bécasse porte bien son nom, puisqu’il s’agit de la femelle du bécassier (le chien, donc), avec lequel les Cocker partagent des vertus de ‘virilité’ (ou de mâlitude, comme dirait Ségolène).

En effet, tous les composés de ‘cock’ désignent plus ou moins (et, en argot, plus que moins) des attitudes agressives, du cock-fighting (le combat de coqs) au coq-bird (l’oiseau mâle), décliné en cock-sparrow (le moineau mâle), le cock-phaesant (le faisan mâle), et même le cock-lobster (le…homard mâle). Voilà qui convenait forcément à la voix rocailleuse d’un chanteur au coeur libre ***).

(*) ‘vous pouvez garder votre chapeau’ (thème de la bande-originale du film ’9 ½ semaines’)
(**) Au 20ème siècle, le cinéma de Walt Disney contribuera largement à fixer un certain manichéisme animal, par anthropomorphisme: le lion est fort, la hyène est fourbe, la souris est fûtée, la biche est vulnérable, etc)
(***) «Unchain my heart»…


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