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Couillard (Philippe)

Couillard

Contrairement à la classe politique française, qui se contente de taper du pied pour faire peur au dirigeant d’un laboratoire pharmaceutique qui s’apprête à toucher un ‘golden hello’ de plusieurs millions pour avoir simplement condescendu à entrer dans l’entreprise, nos ‘cousins’ du Québec n’hésitent pas à mettre en cause publiquement -et nommément- ceux qui profitent de leur position sociale; c’est exactement ce que vient de faire à l’encontre de l’ex-ministre de l’Education le Premier Ministre local, M.Couillard. Qui en a donc forcément; mais pas là où vous croyez…

Malgré une sonorité (française) bien peu harmonieuse, et qui laisserait craindre le pire à cause d’un suffixe généralement péjoratif (étymologiquement: couillard=celui qui a de mauvaises couilles), le mot ne semble pas chatouiller les zygomatiques des présentateurs télé de La Belle Province (heureusement; on frémit à ce qui se passerait en France si son homologue s’appellait, par exemple, Yves Couillon). C’est peut-être que les canadiens francophones ont eu la bonne idée de garder le (vrai et unique) sens premier d’un mot qui concerne, à l’origine, des gens qui ont…de la chance!

Car les Couillard, les Couillon ou même les Couillaud (1), c’est comme les Crétin (2), c’est loin d’être des imbéciles; ils auraient même plutôt tendance à faire envie. En effet, en ancien-français, couillard est le surnom (transformé en patronyme par la suite) de gens qui ont -certes- de grosses couilles, mais…à hauteur de la ceinture! Car à la base des couilles, il y a le mot latin ‘coleus’ (nom masculin, vous verrez, c’est important), qui désigne un (petit) sac de cuir; et uniquement cela, car contrairement à ce que vous pensez, le sens ‘anatomique’ n’est qu’un emprunt au vocabulaire argotique, les Romains appelant très précisément cette partie de l’appareil génital masculin  »le-petit-témoin » (sous-entendu: de la puberté), soit testi-culus! Pas besoin d’explication.

Au Moyen-Age, le très correct ‘couille’ ne concerne donc que les heureux propriétaires de bourses bien remplies, attachées comme il se doit autour de la taille, et dont la présence conférait à celui qui les portait respect et sollicitude, surtout quand il s’agissait pour les pauvres de demander l’aumône à la sortie de la messe. Il suffisait alors aux riches de (se) gratter le fond des couilles pour en extraire le denier généreux que l’on jetait au quémandeur.

Confirmation par l’inverse et la logique, il existe également des noms de famille comme Maucouillard, dont la première syllabe (mau-) est une transformation de “mal”; les Maucouillard étaient donc des gens…pauvres, à la bourse plate, puisqu’ils avaient, étymologiquement, de “mauvaises couilles”. Conclusion: les Couillard tout court qui supportent (si j’ose dire) d’une certaine façon ce suffixe en “-ard” en général péjoratif, bénéficient ici d’un sens augmentatif (exemple qui tombe à pic: un richard, ce n’est pas un mauvais-riche, mais un très-riche! Pas toujours plus généreux, d’accord). Les Couillard ont donc les couilles bien remplies. D’argent.

Mais alors, comment ce couillard est-il devenu un couillon, au sens actuel? Il semble qu’il n’y ait aucun lien avec les bourses, en tous cas au sens du sac de pièces. Au 13è siècle, naît une expression qui dit “bête comme une couille”, et cette fois on parle bien d’un testicule, en empruntant directement le mot latin ‘colea’, au féminin cette fois (autre ‘petit sac’ ou…bourse!). Qu’on en soit d’accord ou pas, l’influence judéo-chrétienne a toujours incité à ridiculiser voire à nier ce que l’on appelait “les parties honteuses”, et, en l’occurrence ‘bêtes’ car considérées comme inutiles, contrairement au pénis voisin (comme quoi, en physio, c’étaient pas des flèches). Chez les hommes, c’est la couille qui va faire les frais de l’injure; chez les femmes, c’est la forme de leur sexe, soit ‘cunneus’ en latin, ce qui va nous donner “con”!

En résumé, traiter quelqu’un de con, c’est lui suggérer qu’il est aussi nul qu’un sexe féminin (là encore, l’idée, c’est qu’il ne  »fait rien », il est passif). Et traiter quelqu’un de couillon, c’est lui dire qu’il est aussi bête qu’un testicule (entendez:  »une » testicule, donc féminin, donc idem!). Alors, pensez-y, la prochaine fois que vous prononcerez le mot, ce dont s’est bien abstenu de faire notre Philippe québécois, puisque, d’une certaine façon, c’est bien lui qui tient les cordons de la bourse. En tout cas, étymologiquement!

1.Nom très répandu dans l’ouest atlantique, Couillaud ou Couillebaud n’ont rien à voir avec de beaux attributs mais sont souvent une variante de…Guillebaud.

2.Crétin n’a jamais le sens d’imbécile, puisque c’est la simplification de ‘Crestin’ ou ‘Crestien’, surnom maintenant évident de gens baptisés, qui font donc partie de la…chrétienté (ou crétinté, si vous voulez!)


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