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Coutinho (Philippe)

Coutinho

Foot again (and again). Quand vous prêtez un objet, ou même main-forte à quelqu’un, c’est en général que vous ne le faites pas payer. Ici, il ne s’agit même pas de prêter l’oreille (elle doit valoir cher à elle seule) mais carrément l’attaquant brésilien au Bayern de Munich. Montant du prêt (disons, de la location): un peu plus de 8 millions d’euros, avec option d’achat de 120 supplémentaires s’il vous plait! On comprend que les vendeurs d’esclaves du football y soient très attachés; y compris étymologiquement…

Comme son prénom (Felipe?) ne l’indique pas forcément, le joueur est né à Rio de Janeiro; son état-civil porte donc la marque d’une influence portugaise historique, et sa forme complète est d’ailleurs Philippe Coutinho Correia (il faut toujours abréger pour les commentateurs sportifs et surtout pour coller au vocabulaire souvent limité des supporters).

Commençons par le patronyme le plus médiatisé, un ‘coutinho’ dont la terminaison témoigne de la phonétique et de l’orthographe lusitaniennes (le ‘h’ final, qui eût été écrit avec l’accent -le tilde- espagnol); il s’agit d’un diminutif (comme pequeno, par exemple) formé sur le ‘couto’, toponyme caractéristique des propriétés seigneuriales traditionnelles.

Parmi les différentes façons de désigner, c’est-à-dire surnommer puis nommer une personne, il y a, entre autres, l’indication du lieu où elle habite, travaille ou fabrique quelque chose. C’est le cas des noms hydrographiques (en rapport avec l’eau), qui parlent de ruisseau, de fleuve, de berge, de baie et autre port(s)…C’est aussi l’origine des noms orographiques (en relation avec le relief du terrain), montagnes, collines, plaines, sommets ou falaises.

On a affaire ici à une famille de termes qui parlent de la nature du sol; il était important pour nos ancêtres de distinguer les endroits fertiles, secs, humides, plantés ou pas, pierreux, exposés au vent etc…Le ‘couto’ désignant une prairie ou un pré clôturé, le coutinho est donc un petit enclos; et, selon les lois féodales du Moyen-Age, souvent une propriété entretenue (forcément, il y a une barrière) appartenant au seigneur local. L’endroit servait souvent de pâture pour les plus petits animaux (moutons, cochons) ou à quelques plantations sur lesquelles les paysans (les serfs) devaient redevance et impôt.

A certains égards, le nom fait du Correia final une sorte de pléonasme, puisqu’il s’agit encore d’un détail qui identifie le travailleur qui (dé)coupe des bandes de cuir – des courroies en français – utilisées d’abord pour faire des harnais adaptés aux bêtes de somme, puis des lanières cousues en chaussure.

Or, il y a quelques siècles, la courroie (corregia, en occitan) pouvait également désigner une bande…de terrain, d’où les familles Courrèges (comme le couturier français né à Pau*). Franchement, on ne peut pas faire mieux pour inciter un footballeur à remonter les lignes de touche!

(*) voir l’article sur le juge Philippe Courroye (affaire Bettancourt, nov. 2010!) pour tirer sur toutes les courroies de cette racine.


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