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Daguin (André)

Fin de service pour le chef cuisinier auscitain (car né à Aux ou Auch en français, mais la version gasconne serait préférable, on va voir pourquoi) qui va désormais s’occuper de la cuisine des anges. «L’inventeur du magret», désormais incontournable sur presque tous les menus gastronomiques français, a en effet eu l’idée (du coup, tout à fait ‘récente’, historiquement) de ‘travailler’ différemment le traditionnel filet de poitrine de canard (ou d’oie). Ce n’est donc pas le copain des palmipèdes; sauf étymologiquement!

Daguin n’a rien d’une déformation enrhumée de ‘taquin’ (1) car c’est la réunion de deux racines encore et toujours (en tous cas souvent) germaniques, ‘dag’+’win’. La première n’a pas changé de sens au cours des siècles et signifie bien ‘jour’ en ‘germanique moderne’ (l’allemand), comme vous le constatez dans la suite des jours de la semaine, sontag, montag, etc; et c’est bien la même syllabe qui deviendra ‘day’ en (anglo)saxon (2)…

La seconde partie du patronyme vient d’un ‘win’, pas vraiment gagnant ou gagneur pour continuer le parallèle avec l’anglais mais entré en Gaule sous la forme ‘-ouin’ (comme dans Baudouin, Digouin ou Audouin par exemple) le plus souvent simplifiée en ‘-uin’, comme ici. On rattache le sens de ce son venu des premiers siècles après JC à l’idée d’ami ou d’amitié.

Il serait donc sans doute prétentieux de chercher une traduction littérale à cet ‘ami du jour’, si poétique dans la langue actuelle mais probablement très loin de l’intention originelle des guerriers du nord…L’inversion des définitions, a-priori peu logique mais sait-on jamais, nous donnerait un ‘jour ami’, évocation d’un jour favorable (pour la guerre, pour un sacrifice?) ou peut-être tout simplement paisible, c’est-à-dire sans manifestations ‘étranges’ (3).

Il n’empêche, ce Daguin implanté en territoire gersois avait plutôt fait souche, des dizaines de générations auparavant, du côté de La Baule ou de la Roche-sur-Yon, stations terminales fréquentes des virées barbares. D’où la présence de variantes comme de Daguineau ou Daguinot, de Dagueneau (et Daguenot) dans toute la région Ouest.

Que dire encore de notre Daguin? Qu’il a également un homonyme connu car présent au fronton d’un certain nombre d’établissements scolaires ou administratifs en France: le…breton (bien que né à Bayonne) Fernand Eugène Daguin, un scientifique géologue qui cartographia, du temps de la colonisation, un certain nombre de cours d’eau d’Afrique du Nord, avant de disparaitre dans un accident d’avion à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Mais le cousin le plus célèbre de la famille (de racines) est bien sûr le roi Dagobert (celui qui a mis sa culotte dans le sens que vous savez), puisque le ‘dag-berth’ allie le jour et l’adjectif qui signifie brillant, au sens propre ou le plus souvent figuré donc, illustre, célèbre (comme Berthe-au-grand-pied (4), et tous les Al-berth, Ro-berth, etc). Doit-on comprendre que la personne éclairait (le monde) de sa clarté? Ou qu’il était né un jour illustre?

La seule certitude au sujet du bonhomme est une ‘fake new’ (en français, une erreur) spectaculaire que vous connaissez peut-être: bien loin de la rengaine qu’on vous a fait chanter à l’école, histoire d’apprendre les rimes (« Dagobert / à l’envers »), le descendant de Clovis n’a jamais eu de problème pour boutonner son jean’s, encore moins devant son conseiller financier, un orfèvre nommé Eloi qui n’a jamais été saint que pour la propagande chrétienne du moment!

Le roi en question vient simplement d’une chanson satirique de la Révolution Française, dans laquelle on ‘gommait’ le nom de Louis XVI par ironie (et par sécurité) avec celui du Mérovingien, comme on gratifierait Poutine de ‘Napoléon des steppes’ ou Trump de ‘Néron du Texas’ (5). C’est tombé sur Dagobert probablement pour une raison bien linguistique: dans la bouche, le son de ce nom sonne plus péjoratif que Charlemagne ou Louis XIV. Sauf étymologiquement bien sûr.

(1) Taquin est la francisation d’une racine néerlandaise (takhan) qui signifie prendre , la même que (to) ’take’ en anglais. L’adjectif avait autrefois le sens très fort de taper, d’abord physiquement, puis agresser psychologiquement…

(2) Son-tag/sun-day (le jour du soleil), mon-tag/moon)day, le jour de la lune, etc. Exception faite du mercredi allemand, trop fainéant pour se creuser la tête et donc simple ‘mittwoch’, le milieu de semaine.

(3) Pour ce qu’on sait des coutumes de l’époque, un phénomène céleste par exemple.

(4) Eh oui, au singulier. Cherchez un peu à savoir pourquoi…

(5) Ben quoi, moi aussi je prends mes précautions!


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