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De Caunes (Emma)

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Dans la famille De Caunes, je demande la fille (d’Antoine) ou la petite-fille (de Georges). En effet, petite respiration « pipole » avec celle qui est apparue le week-end dernier dans le carnet rose (enfin, blanc) de quelques gazettes, à l’occasion de son mariage avec un musicien rencontré lors d’une de ses émissions de télévision en tant qu’animatrice. Pour comprendre l’origine -facile- du patronyme d’Emma, il suffit de remonter à son (également) illustre grand-père.

Le journaliste-écrivain-explorateur-comédien Georges de Caunes est en effet né à Toulouse, ce qui nous met sur la piste d’un mot créé d’après un toponyme, un nom de lieu. Comme vous le savez, les sites où habitaient nos ancêtres, ou ceux dont ils étaient propriétaires, ou encore ceux qu’ils cultivaient ou exploitaient, ont souvent permis de fabriquer le surnom qui les caractérisaient. Pour s’en tenir à quelques exemples de toponymes, la végétation a souvent donné naissance à des noms comme Lafaye (l’endroit planté de « fagus/fayus », le hêtre en latin), Ducasse (le chêne, en occitan), Castaing (le châtaignier, en latin aussi), Besse (d’après « bétulus », le bouleau), Laulan (d’après « aulanier », le noisetier) etc…

Même cheminement pour les « accidents de terrain », des Lacombe (la-combe, de « cumba » la vallée), Lasserre (serra, la chaine de montagnes), ou la…caune, mot occitan qui désigne une « cauna », un creux dans la roche, à savoir une grotte ou une caverne. De fait, il existe beaucoup de lieux-dits en zone sud du pays, formés sur cette racine. De Caunes (dans l’Aude) à Lacaune (dans le Tarn) en passant par des Caunettes (Aude encore, mais aussi dans l’Hérault), tout comme les Caunat, Caunau et même le Cauneille landais, tous ces sites ont pour caractéristique d’avoir pris naissance dans un relief en dépression (parfois moins évident de nos jours). Les De-Caunes ont donc des ancêtres qui provenaient tout simplement de la ou des caunes qui ont plus tard donné leur nom à un village ou une cité.

Le nom le plus difficile à porter dans la famille de ce mot (d’un point de vue sonore) est la version héraultaise Caunas, pour laquelle les dames préfèreront sans doute garder leur nom de jeune fille. Tout comme les Conard (ou Connard, si vous voulez), dont l’étymologie n’a, cette fois, plus rien à voir avec des grottes, mais avec deux racines germaniques, « kon » + « hard », qui évoque d’une part la bravoure et d’autre part la dureté. Comme quoi…

Finissons-en avec les homophones divers, pour signaler que (de)Caunes n’a rien à voir non plus avec un cône, lequel vient du grec « konos » (via le latin conus). En grec ancien, ce mot avait plusieurs significations en fonction de l’objet, mais la forme est éloquente: il désignait soit la pointe du casque d’un soldat, soit une pierre à aiguiser (vous devinez pourquoi), soit enfin…une pomme de pin. Et c’est ce dernier sens qui va rester dans notre langue pour créer le mot « cône » (quand vous mangez une glace, vous léchez une ‘pomme de pin’), et, mieux encore, le nom de la variété d’arbres qui portent des cônes (quels qu’ils soient), les coni-fères.

En tous cas, en ce qui concerne les De Caunes, il faut rester sur l’idée d’une grotte ou d’une caverne, un endroit qui devait déjà avoir, du temps de leurs ancêtres, une « petite lucarne » qui semble héréditaire!


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