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Dekker (Laura)

Dekker (Laure)

C’est une histoire qui a failli être une vraie galère: en octobre 2009, une jeune néerlandaise de 15 ans est placée sous la tutelle des services de protection de l’enfance; obstinée, elle réussit néanmoins à larguer les amarres en janvier 2010 et vient de boucler un tour du monde à la voile en solitaire, devenant ainsi la plus jeune navigatrice à réaliser un exploit qui ne sera pas homologué pour cause de minorité.

Malgré l’exception de l’événement, difficile de se faire une (vraie) place dans des media englués dans une campagne présidentielle, c’est donc l’occasion d’en profiter pour en savoir plus sur l’étymologie de ce patronyme.

Conformément à son apparence (démarche pas toujours souhaitable, mais, en l’occurrence, ‘çà marche’), Laura est une fille du Nord (de l’Europe), comme son nom le laisse supposer. A l’origine, peu importe de savoir s’il est hollandais, allemand, suédois ou belge (flamand), le redoublement de la consonne ‘k’ est le pivot de cette racine vieille de plus de 15 siècles. Et, sur «dekk», on va ajouter le suffixe ‘-er’, lequel, comme notre -ier français, indique une activité ou un métier. Le dekker (au nord des Flandres) ou le decker (orthographe du sud de cette zone) est formé sur l’idée d’un niveau, au sens de ‘étage’, puis pont. Voilà qui permet de différencier le pont d’un bateau du pont qui enjambe (une rivière), soit le bridge, qui va lui-même donner des familles Bridges, parallèle très exact de notre…Dupont.

Restons dans la marine, où le pont de bateau représente ce niveau ou cet étage; mais comme il y a sur le globe davantage de maisons que de navires, le ‘dekk’ va désigner, à terre, l’étage le plus important d’une maison, non pas le rez-de-chaussée mais celui qui porte le toit. Dekker est donc le surnom d’un couvreur, fonction et image qui se passent d’explications supplémentaires. Progressivement, ce couvreur va glisser (pas du toit) vers le sens plus général de charpentier, comme c’est le cas pour les Deck ou les Decker alsaciens, puis les Deckers et De Decker belges.

Voilà donc l’exemple-type d’un patronyme créé d’après l’activité professionnelle d’une personne, dont on imagine aisément l’importance dans une communauté villageoise, au Moyen-Age par exemple. On savait qu’il y avait le plombier polonais, il faut y rajouter le couvreur hollandais (1). Ce nom est d’ailleurs l’un des plus fréquents dans le vocabulaire néerlandais: il existe une longue liste de Dekker (ou Decker) célèbres (aux Pays-Bas mais aussi aux Etats-Unis), explorateurs, avocats, capitaines d’industrie, acteurs ou actrices de cinéma, et un inventeur auquel on doit un procédé capital pour l’industrie éolienne (passée et à venir, peut-être): en 1923, ce monsieur eut l’idée de modifier les ailes des moulins à vent de son pays en créant une dissymétrie dans la voilure, permettant ainsi un bord d’attaque plus efficace pour le vent…

Bon, je vois que çà devient technique et que cette chronique va finir par s’envoler. Alors, pour conclure au sujet de Laura, disons quand même que, pour faire le tour du monde sur un bateau, s’appeler Dekker, c’est assez idéal pour rester sur le pont!

(1) Petit rappel linguistique: l’utilisation de Hollande pour désigner les Pays-Bas est abusive (ici, c’est juste pour éviter une répétition…). Pour davantage de détails, voir le sujet sur Hollande (François!), en tapant ce nom en haut de l’écran.


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