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Delair (Suzy)

Delair

Pas d’enterrement pour Pierrette, pour plutôt pas d’obsèques pour Suzette à cause d’un virus sans éducation, et pourtant l’ex-grande dame du cinéma français eût mérité un adieu plus cérémonial. Celle qui promena son sourire et sa gouaille sur les écrans des années 1950, de son état-civil Suzette (d’où le pseudo) Pierrette Delaire -avec un ‘e’- tournait encore dans les années 1970 avec Louis de Funès (la femme de Rabbi Jacob, la traditionnelle Claude Gensac étant souffrante). Delaire, quel drôle de nom?

Pas du tout! Autant Delair (de-l’air) aurait pu poser question d’un point de vue ‘logique’ (de quoi aurait-elle l’air?), autant ‘De-l’aire’ devient -un peu- plus ‘étymo’ puisqu’il s’agit là d’un toponyme, un nom de lieu qui dit tout simplement d’où venait son ancêtre, en l’occurrence d’une…aire.

Le terme est présent dans plusieurs régions très diverses: certains le voient davantage dans le Nord (au sens large, pas que le département des Hauts-de-France) ou dans l’Ouest vendéen; d’autres le situent en Auvergne (souche la plus fréquente), en Bourgogne, voire en Dordogne ou en Lot & Garonne comme le confirme l’orthographe occitane en Delayre.

De fait, cet’ ayre’ n’est pas que ‘de repos’ pour les vacanciers arrêtés au large de l’autoroute pour prendre…l’air, mais il concerne une espace ouvert, en général très large, et consacré à une activité. La question (ou pas) est de savoir laquelle puisqu’il peut s’agir aussi bien d’un simple terrain vague ou d’une surface sur laquelle on s’apprête à construire quelque chose comme une grange ou une étable.

La meilleure interprétation est encore celle d’une aire de travail, comme celle où l’on battait le grain ou encore où l’on stockait des grumes, des troncs d’arbres abattus, avant sciage et/ou expédition…Malgré quelques (em)bûches dans sa carrière pour avoir participé à un ‘voyage culturel’ à Berlin pendant l’Occupation (*), c’est pourtant à la sortie de la Guerre que son compagnon, le réalisateur H-G.Clouzot, donnera à Mlle Delair son rôle le plus connu dans ’Quai des Orfèvres’ (1947).

Aux côtés de Louis Jouvet, Simone Renant ou Bernard Blier sur l’affiche, Suzy avait depuis longtemps adopté le diminutif de Suzette (très à la mode à l’époque) et abandonné son second prénom, la suppression du ‘e’ final de son patronyme achevant de donner une image plus…aérienne du mot. Il existe pourtant une variante plus ‘directe’ de la même racine, soit Daire (ou Dayre, dans le sud), le premier pouvant faire allusion à une personne originaire d’Aire (Ardennes) ou d’Aire (sur-Adour, Landes). Dommage, pour une actrice née à Paris…

(*) La UFA, principale société de production allemande, organisa, en mars 1942, un « Rendez-vous des Etoiles » pour attirer des acteur(-trice)s français(e)s, dont Viviane Romance, Danielle Darrieux ou le jeune-premier de l’époque Albert Préjean, dont la carrière pâtira, à la Libération, de ce ‘rapprochement vichyste’; Suzy Delair, Loulou Gasté (M.Line Renaud) et même Edith Piaf étant requis pour faire la promotion de la chanson française…


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