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Descrières (Georges)

Descrières

Disparition par effraction pour le célèbre Arsène Lupin de la télévision française des années 70: vous ne pourrez pas échapper aux hommages récurrents, parallèles et très tardifs de tous les medias (qui s’intéressait à lui, depuis sa dernière apparition, dans «L’Aiglon», en 1993 ?). Histoire de vous en dire toujours un peu plus sur l’origine des noms que vous entendez, voici quelques petits indices supplémentaires qui devraient vous aider à mener l’enquête pour arriver à cambrioler les secrets de ce patronyme, toujours en gentleman évidemment…

«Descrières? C’est forcément quelque chose qui a un rapport avec crier, et, par conséquent, avec son composé, le verbe décrier. D’ailleurs, au Moyen-Age, ça s’écrivait ‘descrier’», m’a rapidement écrit dans un message une fidèle lectrice qui s’entraine à ‘deviner’ quel sera mon choix avant chaque article. Et vous, qu’en pensez-vous? ‘Descrier’ a bien donné ‘descrire’, puis ‘décrire’ en français moderne, formé effectivement avec la racine crier + un préfixe ici augmentatif. Car le premier sens de ‘décrire’, ou…’décrier’, c’est bien tracer une ligne, en général une courbe, ce qui se comprend très bien quand vous ‘décrivez une ellipse ou une orbite (dans l’espace)’…L’inconvénient, c’est qu’il faut maintenant trouver une explication -ou tout au moins une allusion- logique au surnom de l’ancêtre qui a écopé de cette étiquette.

Du côté de ‘décrire’, il faudrait trouver quoi, et éventuellement où…Et si l’on adopte l’hypothèse de ‘décrier’, il faut imaginer comme étymologie quelqu’un qui ‘crie pour rabaisser’ autrui, c’est-à-dire qui ruine la réputation ou le crédit d’une personne. Hou, le méchant! Par ailleurs, il faut quand même trouver une explication à cette terminaison féminine de ‘descrières’. Des crieuses? Des escrières (au sens de ‘écritures’)? Cherchez encore quelques secondes, car ce n’est ni l’un, ni l’autre. Je vous aide: il s’agit d’un nom qui décrivait l’environnement géographique, et même plus précisément topographique, où habitait le ‘gars-des-crières’…Vous avez trouvé?

Bon sang, mais c’est bien sûr! (merci Sherlock). Sur tout le littoral ‘nord’ de la France, de la Normandie au Pas-de-Calais, et même jusqu’en Belgique, une ‘crière’, c’est l’équivalent (linguistique) d’une…carrière! Sauf qu’ici, il ne s’agit pas d’un massif de carres (= de pierres), mais de ‘cryes’ ou de ‘crayes’, autrement dit de craies, ce qui se conçoit assez aisément quand on remonte jusqu’à Boulogne en marchant le long des côtes de la Manche. On trouve même, à l’intérieur des terres cette fois, des ‘criés’ dans la Sarthe, ou des ‘criez’ dans le Nord, avec le ‘z’ final tout à fait caractéristique de cette région (tous les Z ne veulent pas dire Zorro, ou du moins espagnols). Quelques hameaux de l’Orne portent encore le nom de La Crière ou Les Crières, là où il y a des carrières de craie. Voilà l’origine géographique de l’ancêtre des Des-Crières;. Or, paradoxalement, cela ne correspond pas du tout à Georges, puisqu’il s’appelait en réalité…Bergé!

Descrières est en fait le nom de sa mère, ‘vrai pseudonyme’ adopté lors de son entrée à la Comédie-Française, histoire, parait-il, de se différencier d’un certain nombre de Bergé déjà présents sur les scènes ou les écrans de l’époque. Notre comédien a donc un rapport avec le métier homonyme, les Berger issus de bergers, terme formé d’après un mot latin (berbex) qui a également donné ‘brebis’. Le berger, c’est effectivement le gardien de brebis, ou, le plus souvent, de moutons, ce qui revient au même pour nos romains peu regardants sur les mamelles, sauf celles des Louves, comme de juste…

Effaçons donc rapidement toute trace de craie sur le futur Arsène Lupin, sans compter que s’appeler Bergé pour jouer un Lupin, c’est une véritable provocation: tout comme le nom commun (la plante aux feuilles en langue ou oreilles de loup, également appelée ‘pois du loup’. Il y a aussi la luzerne lupuline), l’adjectif est un dérivé du latin ‘lupus’ qui qualifie donc le loup. Et franchement, se nommer gardien de moutons et triompher dans le rôle d’un loup, quelle revanche! Surtout étymologiquement.


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