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Ferry (Luc)

Ferry

La déconvenue des uns faisant parfois la curiosité des autres, nous allons aujourd’hui opter pour une attitude philosophique bien utile à l’ex-ministre de l’Education, qui vient de se voir refuser une entrée convoitée à l’Académie Française; il lui faudra donc attendre le tour suivant, quand les membres électeurs auront fait la paix à son sujet. Y compris d’ailleurs étymologiquement…

Avec ce patronyme, la première impression est…fausse; car l’oeil et l’oreille exercés de tout amateur de phonétique va rapidement supposer dans Ferry une probable racine ‘fer-’, puis un suffixe ‘-y’, avec un redoublement du ‘r’ entre les deux, histoire de composer une orthographe logique. En prenant l’exemple du fer, justement, ne dit-on pas ‘ferreux, ferrugineux, ferré, ferrant et ferret’. Avec le nom du métal en question, on peut en effet décliner une multitude de noms propres en rapport avec ses caractéristiques, que ce soit pour sa couleur (grise, qui s’appliquera souvent à une personne ‘poivre et sel’) ou sa dureté (qui a la tête dure comme fer).

Ainsi vont pourtant naitre les Ferré (comme le chanteur Léo) dont l’origine très pragmatique désigne celui qui travaille le fer, le forgeron; on trouve également sa variante très proche, les Ferrer (en pays catalan, souvent). Quant au lieu où exerce le forgeron, il pourra s’appeler (la) Ferrière, histoire de localiser une forge, plus fréquemment qu’une mine de fer statistiquement moins fréquente.

Pour les gens des mines, on aura plutôt des Ferrère (en français) équivalant au Ferreira portugais ou au Ferrari italien (idéal pour s’occuper de carrosseries, non?); ou encore leur cousin espagnol amateur de chocolats le Ferrero, également sous la forme Herrero en zone occitane française, de la Provence aux Landes. Citons enfin les Ferreux comme l’acteur Benoit (1) pour les gens aux cheveux gris, ou les Ferri corses comme la chanteuse Catherine (2).

Ne manquent plus à l’appel que les Ferry, et pour cause; paradoxalement, ils n’ont strictement rien à voir avec une histoire de fer: ces Ferry-ci (décidément très marqués par l’Education Nationale , entre l’homme politique Jules et le ministre Luc) sont originaires de l’Est de la France; le mot semble avoir fait souche en Lorraine, dans les Ardennes ou les Vosges, ce qui est précisément la -grande- région natale de Jules (St Dié) et aussi celle de la famille de Luc (Meurthe-et-Moselle), même si lui est né dans les Hauts-de-Seine.…

La composition du mot est donc forcément de structure germanique, même avec quelques phénomènes inattendus pour sa francisation: Ferry est en fait une contraction déformée de…Frédéric, surnom formé de deux racines des 6ème ou 7ème siècles, soit ‘frid/fred’ qui signifie la paix + ‘ric/ry’ qui veut dire puissant (et non pas forcément riche, dans un premier temps).

Frid-ric (Freidrich, Freidrik, Frédéric, Freddy, et toutes leurs variantes) qualifie alors un ancêtre dont les qualités exprimaient la puissance et la paix (sauf que la paix par la puissance, la puissance sur la paix, une paix puissante ou une puissance pacifique, ça s’obtient parfois par la force…). Bref, la sonorité du mot va être modifiée par le français du Moyen-Age en ‘Fre-ric’, puis, par une interversion du ‘r’, devenir ferric et finalement ce ferry qui n’a rien à voir non plus avec le transbordeur de Marseille.

Car le ‘César’ qui relie les quais opposés du Port-Vieux (3) est un ’ferriboâte’ (chez Pagnol) formé des deux mots anglais ‘ferry’ (du latin ferre, porter) et ‘boat’ (donc avec un trait d’union entre les deux en français), autrement dit un navire-transporteur en forme de bac, théoriquement plus proche des tankers transatlantiques (pour les denrées) ou des barges militaires (pour les…passagers) que du mini-vapeur folklorique.

Je ne sais pas si ce ferry botte notre impétrant académicien, mais si vous croisez une école Ferry dans un village de Seine-Maritime, c’est que Luc a déjà éliminé Jules au fronton (réellement); c’est au moins aussi puissant qu’un fauteuil d’Immortel. Y compris donc étymologiquement.

(1) « Le souffle au coeur » de Louis Malle (1971)

(2) Eurovision 1976, et ex-compagne de Daniel Balavoine

(3) Du quai de la Place aux Huiles à la mairie de feu Gaston…Defferre!


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