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Frappart (Stéphanie)

Frappart

Le sexe féminin frappe à la porte de l’arbitrage en Ligue 1, puisque l’Histoire du football va basculer -si l’on en croit l’émoi de certains supporters- avec la présence ‘au sifflet’ d’une jeune femme de 35 ans pour officier pendant le match entre Amiens et Strasbourg. Pas novice sur les pelouses pour autant, elle laissera forcément une trace frappante dans les mémoires, y compris étymologiquement…

Pour une fois, le sens originel du nom est exactement celui que l’on imagine d’après la sonorité du mot, un rapport direct avec le verbe frapper; tout comme les Frappat auvergnats, les Frappié ou Frappier normands, les Frappin et quelques Frappereau de la Loire, les Frappart viennent d’une très ancienne racine probablement celte, entrée dans l’ancien-français après un passage en…islandais puis en haut-allemand sous la forme ‘hrappr’ (1), ce qui expliquerait également le verbe anglais ‘to rap’, qui veut dire frapper.

Or, ce ‘rap’, qui exprime plutôt un coup sec et bref (comme un coup à la porte), va également devenir, Outre-Atlantique, une façon de débiter sèchement les syllabes en les martelant, ce qui donnera son tout premier sens au style musical des…rappeurs! Mais, il y a quelques siècles, il s’agissait de coups violents donnés avec élan, comme le verbe aujourd’hui disparu ‘se fraper’ (un seul p) qui voulait dire se lancer contre quelqu’un pour l’attaquer.

A défaut de se jeter contre le premier venu, les Frappart ont par ailleurs écopé d’un suffixe ‘-art’ en général péjoratif, mais qui indique peut-être ici une petite faiblesse, car on les considérait en fait comme des ‘violents de la voix’, des gens bruyants ou agités (2). Et parmi toutes les variantes citées précédemment, les plus dangereux étaient sans doute les Frappillon, dont la terminaison marque en principe un diminutif mais qui ont ici le sens de frapper à la volée, de toutes ses forces…

Et si vous habitez l’Est de la France, vous connaissez forcément un Frappart célèbre et terrible à la fois, un moine (à l’origine, libertin et débauché dit la légende), le compère du bon St-Nicolas avec lequel il forme un duo qui vient…frapper à la porte des maisons début décembre pour savoir si les enfants ont été sages. Si oui, c’est bonbons à profusion; si non, c’est fouet ou coups de bâton (selon la névrose locale).

On espère que Stéphanie la bien-nommée (‘celle qui porte la couronne’ en grec, donc qui est au-dessus des autres) n’aura pas à recourir à ce genre de carton rouge pour gérer ses joueurs. Même étymologiquement.

(1) Le ‘h’ initial étant très aspiré, il va parfois se matérialiser en ‘f’, tout comme les alternances espagnol/français de ‘hijo’ en fils, de ‘higado’ en foie, de ‘horno’ en four; ou en gascon, les équivalents Hourcade-Fourcade,etc…

(2) Petit complément de technique linguistique: on peut aussi considérer que ce ‘-art’ est un ‘amuissement’ (un affaiblissement) d’un précédent ‘-hard’, ce qui nous ferait au contraire des gens qui ‘frappent-dur’…


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