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Gaga (Lady)

Gaga (Lady)

Il fallait bien trouver un titre à cette chronique (et donc, éventuellement, vous inciter à la lire), j’ai donc dû utiliser le nom de scène de la(-dite) sulfureuse chanteuse américaine que vous connaissez, même si j’eusse aimé vous faire deviner la solution d’une devinette, car c’en est une. Pour nous, français, le terme colle -par hasard?- assez bien avec l’idée qu’on peut se faire de quelqu’un de fondamentalement fantasque, sauf que, dans cette histoire, tout est faux!

La révélation du dernier remake du film ‘A Star is born’ (*) est bien née américaine mais de souche italienne (comme Louise Veronica Ciccone dite Madonna), et son vrai nom est Stefani Joanna Angelina Germanotta. Germanotta, diminutif de Germana (la ‘petite Germaine’, vous imaginez!) désignait une lointaine ancêtre probablement  ‘mariée au frère’ de quelqu’un de connu. Germano, germana, germain ou germaine en français, tout cela désigne directement le statut de frère. Pendant longtemps, en France, germain a été le mot officiel (à la place de frère, réservé à un statut religieux); la preuve, c’est que le cousin dit germain est bien l’enfant (uniquement) du frère (ou de la soeur, évidemment).

D’ailleurs, pendant longtemps et encore dans certaines familles, on ne dit pas « c’est mon cousin » mais « c’est mon germain ». Rien à voir donc avec une histoire d’Allemagne, même si ses citoyens sont nos frères (enfin, sauf à certaines périodes)…
Petite parenthèse technique: un certain nombre de mots changent (apparemment) d’initiale selon les pays, mais en fait le sens est le même. C’est le cas justement du ‘g’ de germano, lequel devient « h-ermano » en espagnol, mais c’est strictement le même mot, au lieu de ‘mouiller’ le g à l’italienne, le castillan « souffle (fort) le h…

Elucidons enfin notre ‘gaga’ national, répétition ironique un rien péjorative évocatrice de quelqu’un de…(ga)gâteux. Le terme est soit prononcé par l’entourage de la personne qui se moque d’un vieux (vieille) en bêtifiant, soit également au sujet d’un bébé, lequel rend en général…gagas ceux qui se penchent sur son berceau (et qui ne s’en aperçoivent pas). Bref, il s’agit d’une onomatopée.

C’est pareil -et même pire- dans la version originale américaine! (Accrochez-vous) Comment Stefani Germanotta est-elle devenue Gaga? Indépendamment de substances diverses qui lui ont permis de se faire remarquer très rapidement dans des prestations burlesques, c’est un producteur de musique new-yorkais qui l’entend un jour dans un couloir et trouve qu’elle a le même style de voix que Freddie Mercury (chanteur du groupe Queen), lequel a réorchestré et enregistré, au milieu des années 80, une chanson intitulée « Radio Ga Ga », critique ouverte des systèmes de matraquage de la programmation radiophonique.

Or (vous suivez?) cette chanson datait déjà de deux ans, écrite par un certain Roger Taylor, dont le fils de 3 ans, planté devant la chaine hi-fi de son père, répétait sans cesse « Radio? Caca! » (comme quoi, l’art…). On est donc passé de caca à gaga, puis à Radio Ga Ga, puis à Lady Gaga. J’aurais aimé vous dire que Gaga était simplement la contraction linguistiquement orthodoxe de GermanottA, mais l’anecdote valait sans doute la peine d’être contée (sans mettre en doute la qualité de la production de la belle).

Au fait, tant qu’on est dans les romaines défrisées, après Lady Gaga et Madonna Ciccone, la célèbre actrice de porno et femme politique italienne (L’Italie, l’autre pays des gagas) dite « La Cicciolina », s’appelle en fait…Ilona Staller; elle est hongroise (née à Budapest) mais porte un nom germanique qui signifie « dur(e) comme l’acier ». De quoi en devenir…

(*) « la critique est unanime », pour reprendre les Unes des magazines spécialisés. Mais contrairement à ce que disent les ‘journaux’, ce n’est pas le 3ème mais le 4ème film sur le sujet: ‘A Star is born’, écrasé par le succès de la version George Cukor-Judy Garland-James Mason (1954), avait déjà eu un original réalisé par William Wellman avec Janet Gaynor et Frederich March (1937), mais aussi une édition ‘pop’ de Frank Pierson en 1976 avec Kris Kristofferson et…Barbra Streisand. Quelle filiation!


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