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Gallet (Matthieu)

Gallet

Il ne fait pas bon avoir des instincts dépensiers en temps de crise; c’est ce qu’avait d’éprouvé le jeune (40 ans) et désormais ex-PDG du groupe Radio-France, qui avait déjà fait entièrement refaire la décoration de son bureau pour un montant «scandaleusement élevé» (2015). Aujourd’hui condamné pour favoritisme lors de sa présidence précédente à l’Institut National de l’Audiovisuel, il a été promptement remercié; mais, comme avaient osé le titrer certains à l’époque, faut-il pour autant jeter à pierre à Gallet?

Pour une fois, l’orthographe interdit tout rapprochement étymologiquement avec un galet, terme qui a rebondi sur le terme d’ancien-français ‘cal’ (le ‘c’ devant plus guttural pour donner ‘g’), lequel donnera lui-même le ‘petit-cal’, autrement dit le…caillou. Impossible donc de bâtir quoi que ce soit sur cette pierre.

Certains bretons (entêtés) voient dans ce gallet une adaptation ‘française’ (comprenez: hors des frontières d’Armor) du ‘gal’ de leur région, lequel désigne bien le ‘gallois’, non pas celui du Pays de ‘Galles’ mais le…gaulois, d’où tous les Le Gall (ou Le Gal) et Le Gallic de Bretagne. Seulement voilà, et là, pour une fois, la provenance géographique peut être un indice, notre arracheur de moquette est lot-et-garonnais de naissance.

Mais pas de plume à arracher non plus du côté du terme celte puis gaulois le ‘gal’ (le coq, dont on trouve souvent la forme patoisante ‘jal’ ou ‘jau’, pour donner le patronyme Jaud, par exemple); ce gal-là était le surnom médiéval et plus ou moins ironique d’un homme vaniteux (comme un…paon!?), bavard et bruyant comme le gallinacé chanteur dans une basse-cour au milieu de ses poulettes; d’où le qualificatif de ‘petit-coq’ pour désigner un jeune fanfaron (pour l’anecdote, ce qualificatif a une forme académique qui est Coqueteau puis…Cocteau*, comme quoi, on n’est pas toujours en accord avec son patronyme).

L’explication est finalement beaucoup plus réjouissante pour Matthieu, puisque, au milieu d’une grande famille de mots approchants mais tout à fait distincts (les Galliot par exemple, qui eux font référence à une…galère ou un bateau corsaire; ou encore les Gallet du Nord, souvent issus d’un terme germanique qui veut dire étranger), ce Gallet-ci découle de l’ancien verbe galler (autre orthographe galer) qui évoque plein de bonnes choses comme faire la fête ou organiser des réjouissances.

Du coup, le gallet a désigné un joyeux compagnon ou un bon vivant (puis éventuellement un fêtard, avec un suffixe un peu plus péjoratif). C’est cette racine qui a également donné un ‘galéjat’, transformé au 18ème siècle en galé-jade au féminin, avec le sens de plaisanterie. Ce qui n’est apparemment pas le cas de la ministre de tutelle, y compris étymologiquement!

(*) voir le détail de l’étymologie avec son nom en archive


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