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Goscinny (René)

Logique pour un Gaulois d’avoir désormais sa statue au coeur de Paris, surtout quand on a créé le personnage quasiment le plus emblématique du pays, un petit guerrier moustachu irascible et invincible dont les aventures feront le tour du monde. Avec son compère Uderzo, c’est en effet le père d’Astérix, le farouche défenseur de toutes les racines nationales sauf…celles du nom de son inventeur.

Bien que né à Lutèce et ayant passé son enfance en Argentine (pays de fréquente émigration juive), René est en effet de très ancienne souche polonaise. Contrairement à l’apparence très ‘centre-France’ de son patronyme avec un ‘y’ final qui pourrait être la marque traditionnelle d’un locatif parisien (1), voici un mot d’influence ashkénaze, la zone d’Europe centrale de la diaspora juive.

Petit-fils du rabbin Abraham Goscinny et fils de Simkha, un ingénieur chimiste de Varsovie (alors ville russe), notre scénariste porte un patronyme qui décrit la fonction de son ancêtre, ou tout au moins sa qualité principale: le sens de l’accueil. D’un point de vue linguistique, la racine principale est ‘gosc-’ (avec un accent très appuyé sur la syllabe) et évoque quelqu’un que l’on reçoit chez soi, un invité (2).

Pas toujours aussi clairement dissociable, la section ‘-inn’ peut marquer, selon le cas, à la fois un lien (généalogique ou social) et le ‘y’ final confirme la fonction de la personne, ou parfois témoigne de la volonté de…masquer une ascendance noble (dans les configurations ‘-sky’ au lieu de ‘-ski’). Bref, un certain nombre d’hypothèses, au-delà du simple caractère accueillant de la personne, avancent même un sens plus précis en faisant carrément du ‘goscinny’ un hôtelier ou un aubergiste de profession, l’un et l’autre ayant forcément beaucoup d’invités.

Notez que le partenaire indissociable de ce René au nom si ‘français’ est un dessinateur d’origine non pas tchèque ou roumaine mais…italienne. En effet, Albert(o Alessandro) devrait s’appeler non pas Uderzo mais Oderzo, du nom de la ville de Vénétie (province du nord-est du pays, région de Trieste, Gênes ou…Venise, d’où le nom). Avant d’être déformé en Uderzo en tant que nom de provenance, la cité portait le nom latin de ‘Opitergium’ (opiterg-ium), construit sur un mot de dialecte local qui désignait ‘la halle du marché’.

Entre un taulier polonais et un commerçant italien, il y avait probablement de quoi faire ses courses pour trouver des idées de personnages, y compris celui qui devait donc devenir une étoile de librairie (3), y compris étymologiquement!

(1) C’est le cas de la majorité des noms de lieux- entre autres- franciliens (Orly, Ivry, Champigny, Roissy, etc…)

(2) Le terme ‘hôte’ est équivoque en français, pouvant désigner à la fois celui qui est reçu et celui qui reçoit.

(3) Astérix est évidemment un jeu de mots sur le symbole typographique, lequel représente précisément une étoile, d’après le mot latin qui désigne, lui, un…’astre’ du ciel.


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