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Groenewegen

Groenewegen

Moins facile à dire que Tapie, plus anecdotique que Bouteflika, bien moins célèbre que Zidane et presque aussi embêtant que Ghosn, le nom qui devrait être en fin de tous les journaux télé (forcément, c’est du sport) est celui du double vainqueur d’étape de la classique Paris-Nice. Si, si, c’est du vélo mais malgré sa destination azuréenne, la manif manque de caravanes en bord de route et d’échos d’accordéon; le champion est pourtant sur un chemin agréable, y compris étymologiquement…

Le ’grounevéégueun’ est évidemment de provenance néerlandaise, mais aurait tout aussi bien pu venir du nord de la Belgique puisque -peu importent les frontières nationales actuelles- on va dire que les racines du mot sont de source flamande, ce qui peut concerner une zone bien plus large incluant l’Allemagne, le Luxembourg et la Suisse.

Il y a dans ce patronyme deux mots que vous aurez peut-être déjà dépistés, ‘groene’ + ‘wegen’, deux racines bien distinctes et intègres sans aucune déformation, préfixe ni suffixe; le tout va permettre de déterminer la situation des ancêtres de notre Dylan.

Le premier élément est bien sûr l’adjectif qui signifie vert, ce ‘groene’ de très ancienne formation saxonne (avant le 10ème siècle) ayant donné toute la famille nordique des ‘grün’ allemand, ‘gron’ danois, ‘gronn’ norvégien et même des ‘green’ anglais qui sont, faut-il le rappeler, d’anciens germains.

En foi de quoi, tout ce qui évoque la nature va s’approprier le mot, depuis les partis écologistes (pas forcément toujours écologiques, mais bon…) c’est-à-dire les Grünnen de Berlin ou les Verts de Paris, jusqu’au pays le plus…blanc du monde, le Groen-land! Il semble que l’idée soit sortie du casque d’un rouquin norvégien surnommé Erik le Rouge, en délicatesse avec la justice de son pays (l’Islande) pour meurtre et qui aurait fui (dans les années 980) pour coloniser ce territoire inuit en le nommant ‘vert’ dans l’espoir d’attirer de futurs colons!

Comme quoi, changer le nom de son département de ‘Basses’-Pyrénées en Atlantiques, de Côtes du ‘Nord’ en d’Armor, ou en ‘Haute’-Corse n’est pas une démarche marketing très récente. D’autant qu’en langue eskimo, on dit Kalaalitt Nunaat’ (la terre des habitants), ce qui eût encore davantage paniqué des touristes du 21ème siècle déjà traumatisés par un méchant volcan viking qui avait retardé leur avion pendant huit jours.

Signalons au passage que les peuples du sud de l’Europe ont préféré -ou été obligés de- garder a-contrario le son latin de ‘viridis*’ (en italien, espagnol, catalan ou…roumain) ce qui explique le vert français, y compris dans son sens figuré qui s’appliquait, comme chez les Romains, à la vigueur d’un vieillard encore ‘vert’!

Passons donc au second élément du mot, un ‘wegen’ pluriel de la syllabe qui désigne un chemin. Même si en allemand ou en néerlandais il existe quelques homonymes possibles (préposition, verbe), il n’y a que dans l’hypothèse d’un toponyme, un nom de lieu, que l’on peut trouver une logique certaine au surnom d’un homme qui venait de ou habitait sur des ‘chemins-verts’, que l’équivalent français oriente vers la campagne ou la forêt par exemple.

Encore une fois, en anglais on aurait dit ‘green way’ (notez la proximité du son), autant dire le chemin qui menait dans ce quartier du Grand-Londres surnommé autrefois la ‘ville-verte’, soit en anglo-saxon ‘Grenewic’, devenu Greenwich, le méridien à suivre pour arriver au bout de l’étape sans erreur!

Or, «quand (il) partait sur les chemins, quand il partait de bon matin, à bicycletteuuu…», le brave Dylan n’allait pas dans le bon sens; car, malheureusement, il porte ce prénom gallois, certes culturellement logique avec le monde celte mais qui parle de la mer! En effet, ‘dy-llanw’ signifie grand-mer (sans ‘e’), probablement pour qualifier des grandes marées, même si certains rêveurs traduisent le mot comme ‘celui qui est né de la mer’ (Dylan sorti de l’onde?).

Sans préjuger du choix des parents du cycliste pour son baptême, il fait dire que le Dylan le plus connu est un musicien américain né dans le Minnesota, de son vrai nom…Robert Zimmermann donc forcément germanique, qualificatif du métier de l’homme qui fabrique les chambres à louer (‘zimmer’) sur les panneaux de vos vacances, locations à l’origine dans des maisons en bois d’où le nom du…charpentier (zimmer-mann)…

Pas très showbiz comme patronyme, Robert va abréger son prénom en Bob et déformer le prénom d’un oncle nommé Dillion pour faire Bob Dylan, même si les médias l’ont abusivement gratifié d’une référence au poète gallois Thomas Dylan; mais tout ça reste dans la même famille. En tous cas étymologique.

(*) C’est bien ‘viridis’, pas ‘veridis’ qui a donné vérité et qui donc signifie vrai.

NB: Merci à mon ami-dictionnaire-vivant-belge-Guido qui a supporté la prononciation de mes accents dans nos discussions…


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