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Haenel (Adèle)

Haenel

En se portant en première ligne des dénonciations de harcèlement sexuel, la reconnaissance que cette actrice a connue en 2014 puis 2015 en obtenant successivement deux César au cinéma n’aura sans doute plus rien de commun avec le type de notoriété qui est en train de s’attacher au nom de cette parisienne de naissance mais alsacienne de souche, en tous cas étymologiquement.

Le sens de son patronyme est d’ailleurs tellement ‘commun’ qu’on le retrouve dans à peu près tous les pays. Et vous allez voir qu’avec un petit effort, vous le connaissez forcément, sous une forme ou une autre. Car Haenel est en fait un diminutif de Haen, que l’on trouve aussi en Haenn ou Haennel. Il faut prendre un peu de recul (au moins dix siècles, s’il vous plait) pour considérer que le son de cette syllabe originelle vient d’un vaste répertoire germanique (1) qui va essaimer dans toute l’Europe en provenance du Moyen-Orient.

L’étymon (la toute première racine) appartient en effet à…l’hébreu, et renvoie au nom de Yohannès (en fait Iohannès), prénom mondialement adapté à la suite d’un -et même plusieurs- disciple(s) de Jésus, le futur St-Jean, baptiste professionnel. A la suite d’un phénomène linguistique dit d’aphérèse (la chute de la première syllabe), on se retrouve avec un ‘-hannès’ qui se transformera en Hans, Hantz et autres…Hanus (2).

Une autre évolution phonétique passera à travers le latin, d’où sortiront encore deux versions: celle qui garde le Y (ou supposé tel) initial, pour faire Yohan en ancien-français, et Yan(n) en breton; et celle qui copie l’orthographe romaine (qui ne connaissait pas les J) en Ian puis Jan (en flamand) et enfin Jean chez nous, sans oublier les John saxons, les Juan ibériques et les Gino italiens (3). Je vous l’avais dit, les Jean sont très communs…

Pourtant, s’appeler Jean, ce n’est pas si mal, sauf si vos parents vous prénomment Affli, ce qui finalement est assez rare. Et chaque version a sa signification: les J(e)anne, Janneau, Jandet, Janneton, Jeanneret, et autres Jeanson désignent successivement la femme de Jean, la famille de Jean, le petit garçon ou la petite fille de Jean, plus communément appelée la Jeannette, dont le destin est en général d’être repasseuse, car…

Dès le 15è siècle, les Jean sont si nombreux qu’ils deviennent synonymes de n’importe qui. On disait un jean-ceci, un jean-cela, et même un jean-jean pour parler de quelqu’un de simplet, ou pire encore un jean-foutre, pour qualifier quelqu’un de paresseux…En réalité, les Jean sont souvent des familles de paysans; du coup, pendant plus de trois siècles, la Jeannette désignera une brave paysanne embauchée comme femme de ménage à la ville et sera, justement, chargée du repassage. D’où le nom de la petite pièce de bois sur la table à repasser; et comme cette femme porte souvent un bijou autour du cou, tradition dont se moquent les citadins, on l’appellera la croix de Jeannette, pour les mêmes raisons.

En Espagne, ce sont les Juan qui vont devenir célèbres, surtout depuis un certain Don Juan, popularisé plus tard par Molière. En Angleterre, Jean s’appelle John comme vous le savez, mais il va donner naissance à un autre prénom, avec un effet hypocoristique, c’est à dire un diminutif. John se transforme alors en Jock et désigne, comme en France, un paysan un peu lourdaud; dans le langage des campagnes, le jock, c’est souvent un gamin. Et ce jock, on va lui confier l’entretien des chevaux, puis la monte; au fil du temps, il va devenir le…jockey. Donc, pour s’occuper d’une écurie, autant s’appeler Jean.

Aux Pays-Bas, c’est un autre diminutif qui va devenir célèbre: les colons hollandais, établis en Nouvelle-Angleterre sur la côte Est des Etats-Unis, vont prendre le surnom de petit-jean soit ‘janke’ en néerlandais, ce que les anglais d’Amérique vont déformer en…yankee, et le mot aura le succès que vous connaissez, surtout en descendant vers le Texas. En tous cas, il y a un Jean qui ne doit rien à cette liste, c’est celui que les américains appellent Jeans, et même blue-jeans. Non, son inventeur ne s’appelait pas Jean ; c’est tout simplement que cette toile croisée de couleur bleue venait de la ville de Gênes, en Italie, mais prononcé à l’américaine, cela donne « djinn, (Jean) », comme le danseur Gene Kelly, dont le prénom a presque la même orthographe que la ville! Le son a donc donné le pantalon que vous connaissez, une toile qui sera exportée dans le Nouveau-Monde par un français (oui, madame) originaire du Gard et plus précisément de la ville de-Nîmes, d’où la marque…Denim ! Celui-là, il aurait bien mérité de s’appeler Jean! Au moins étymologiquement.

(1) dont l’actuelle Autriche, pays de la naissance paternelle.

(2) voir la chronique spécialement consacrée à ce nom dans la ‘Série Bizarre’ (janvier 2016), en tapant le mot dans le champ de recherche.

(3) tous ces noms et d’autres sont cités dans la chronique ci-dessus.


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