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Harinordoquy (Imanol)

Harinordoquy

Après Dusautoir (Thierry) que ce site avait choisi de mettre à la Une quelques jours avant sa nomination de meilleur joueur de l’année, voici Rugby, suite et fin (c’est promis) avec  l’un des piliers de l’équipe de France  et probablement le joueur le plus original, étymologiquement parlant. Ce bayonnais (de naissance) – biarrot (d’équipe) – palois (de formation) représente en quelque sorte l’hypoténuse du triangle rugbystique basco-béarnais. Malgré les apparences d’un nom que certains jugent déconcertant, nous avons bien affaire à un joueur français. Enfin…basque. C’est dire.

Car justement, Harinordoquy (parfois Harinordoqui, Harignordoquy, et même Harignordoki) est tout simplement un mot basque, comme vous l’aviez sans doute deviné avec la dernière orthographe. Il s’agit de l’un de ces patronymes formés avec un assemblage de deux mots (mais on peut faire mieux, ou pire, çà dépend si vous parlez euskara ou pas). Les deux mots? Harin(a) + ordoki, les deux définissant un toponyme, un nom de lieu en rapport avec l’ancêtre d’Imanol.

En l’occurrence, il faut quitter la Côte des Basques pour trouver un endroit un peu plus plat et sablonneux, puisque « harina » évoque le sable et « ordoki » une plaine. Une plaine sablonneuse serait donc le berceau ou l’endroit de provenance d’un lointain aïeul. Un ou deux autres exemples de sites (souvent la maison du personnage concerné): Bidarte, celui dont la -sous entendue- maison est au milieu (arte) du chemin (bide). Ou Berrondo, dont la maison est près (ondo) des buissons (berro). Le procédé est strictement le même en français pour désigner celui qui habite près…Dupont, ou Duchemini, Delarive, Lacoste (la-côte), etc…Il y a, dans toutes les langues, des centaines d’autres exemples, en fonction du terrain, des cours d’eau, de la végétation principale du coin, et autres amas de pierres ou repères divers (Delacroix évoquant un carrefour, une croix des chemins, voire un calvaire à un croisement).

Nous n’en avons pas fini avec notre rugbyman, car ce qui semble poser question encore plus fréquemment que ce pentasyllabe (=5 syllabes) basque, c’est le prénom de notre troisième ligne fonceur: «Imanol», m’a dit un jour l’auditrice d’une radio, «çà fait penser au gazole ou au pétrole», rejoignant les commentaires (un peu limités) d’internautes qui en rajoutent avec «biactol, éthanol, synthol»; bref, a dit une dernière, «on dirait un nom de molécule»…

Molécule, molécule, est-ce qu’il a une gueule de molécule?

L’explication est évidente et tient également d’un rapprochement phonétique -plus réfléchi que ces commentaires spontanés-: il s’agit en effet tout simplement de la «version basque» du prénom hébreu ‘Emmanuel’ (par l’intermédiaire d’un hypothétique «Imanouel», si la chose vous paraît difficile à croire). Emmanuel, c’est un prénom biblique qui signifie «Dieu est avec nous», définition tutélaire du prophète qui affirme la présence de Dieu, à travers quelques chapitres d’un Livre de la Bible.

Emmanuel, Imanol, voilà un bel exemple de correspondance phonétique (même nombre de syllabes, même position des consonnes, sons approchants); certains relient parfois Emmanuel à…Noël (qui n’a rien à voir, en fait), peut-être parce que la St Emmanuel ‘tombe’ le 25 décembre?. Mais les autres patronymes associés à ce prénom sont plutôt Manuel comme l’acteur Denis (après «aphérèse», la chute du «em-» initial), ou encore (avec cette fois un allongement) Emmanuelli, comme l’homme politique landais Henri, lequel est né aux Eaux-Bonnes, dans les…Pyrénées-Atlantiques. C’est bien «loin» du Pays Basque, mais en voilà un qui aurait presque pu s’appeler Imanol!


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Un commentaire au sujet de Harinordoquy (Imanol)

  1. La transformation de certains prénoms dans d’autres langues est parfois étonnante. Vous citez ici Emmanuel en Imanol, je pense aussi à François qui devient Panxo ou Pancho puis Paco en Espagnol et Joseph transformé en Pepe dans la même langue.

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