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Henry (Amandine)

En cette ‘Journée des Droits de la Femme’ 2020, on ne peut que se réjouir d’apprendre que la capitaine de l’équipe nationale de football féminin a désormais une ‘poupée Barbie’ à son effigie, une belle avancée à mettre au crédit de la cause féminine sans doute, ce qui n’empêche pas de saluer la notoriété de la sportive et de partager son plaisir. Profitons-en pour déshabiller – étymologiquement, bien sûr – ce patronyme à l’apparence familière mais pas spontanément ‘évidente’…

Point commun surréaliste entre un roi gascon (n°4, de Bourbon), un footballeur international français de naissance antillaise (Thierry) et un chancelier nazi (Himmler, sous sa forme aryenne, natürlich), ce mot, devenu prénom et nom, vient de deux racines germaniques bien connues. La forme originelle du mot, qui va donner de nombreuses versions par la suite, est en effet ‘haimeric’, soit ‘haim+ric’ avec un ‘e’ de liaison non significatif.

La première syllabe ‘haim’ est en général traduite par ‘maison’, mais on peut également dire domicile (en français) ou ‘chez soi’. Ce dernier sens permet d’évoquer un environnement plus large que le simple toit sous lequel on vit, à savoir son ‘pays’ (au sens ancien) c’est-à-dire un village ou une région pour lesquels on garde un fort sentiment d’attachement.

C’est le cas de la ‘heimat’ allemande, quasi intraduisible dans notre langue car elle englobe aussi bien des gens qu’un lieu ou une histoire personnelle, bref une culture (1). Dans notre pays, la première région qui adoptera (et adaptera) ce son est la Normandie, où l’on appellera le ‘lieu-des-maisons’ un ham-eau, souvent habité par des familles Hame-lin locales…

Le ‘ric’ suivant a maintes fois été abordé dans ces articles, car il entre en composition dans de nombreux patronymes ou prénoms; il s’agit d’un qualificatif ‘faux-ami’ auquel on attribue le sens non pas de riche mais de puissant. Précision traditionnelle: l’un et l’autre étant le plus souvent liés (le pouvoir et l’argent), l’équivoque ou le glissement de sens était inévitable. Il n’empêche, voilà qui fait des Henri français, Henry anglo-saxons, Heinrich allemands ou Henrik danois (2) des descendants de peuples venus de pays puissants, ou peut-être déjà de régions riches.

Il faut bien sûr rajouter à cette liste non exhaustive quelques formes qui ont quasiment gardé l’orthographe initiale comme les Aymeric puis Emeric, selon les régions qui les ont conservées. La rareté de ces mots, plutôt portés par des nobles, ont incité certains linguistes à rapprocher d’ailleurs le ‘ric’ du latin ‘rex’ (roi, rey, rig), ce qui appuierait l’hypothèse d’un Henri-pays royal, autrement dit un royaume ou la province d’un empire qui aurait autorité sur les états voisins (3)…

N’oublions pas au passage d’autres variantes dans des pays qui détestent aspirer les ‘h’ comme l’Espagne avec Enrique ou l’Italie avec…Enrico, sans oublier la culture gitane à laquelle le jeune Gaston Ghrenassia devra son nom de scène (Macias).

Quant aux inévitables diminutifs, il y en a de très officiels comme le fana de Meghane, Harry; ou encore la marque…française Harry’s, entreprise de l’Indre qui a eu cette idée folle un jour de fabriquer du pain de mie à l’américaine.

Moins enviés sont Riquet (henri+suffixe moqueur = henriquet, puis chute de la première syllabe), surnom d’un porteur de houppe dans les Contes de Perrault. Plus court encore: on tombe alors sur Riri, pièce du trio infernal neveu de Donald avec Philippe (Fifi) et Louis (Loulou), création unique au monde car, en v.o, il s’appelaient Huey, Dewey and Louie, trois prénoms empruntés à des gouverneurs détestés par Disney.

Si l’on suit le même raisonnement, au moment de leur apparition sur les écrans français (1938), ils auraient pu (dû?) s’appeler Bébert (Lebrun Président de la République), Doudou (Daladier, Président du Conseil) et Popaul (Reynaud, Ministre de la Justice). Remarquez, en 2020, rien ne vous empêche de les rebaptiser Manu,…Doudou, et Cri-Cri (Castaner), sauf historiquement bien sûr!

(1) D’où parfois le sens de ‘nostalgie’ comme celle d’un exode ou d’un retour impossible au pays racontés par plusieurs romans et films allemands éponymes

(2) Titre princier d’un certain Henri de Laborde de Montpezat gascon devenu l’époux de la reine Margrethe II

(3) Ce qui fut le cas, par exemple, de la multitude de ‘confettis’ dans les différents Empires germaniques pendant des siècles


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