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Kocher (Isabelle)

Kocher

Retenez bien son nom, vous entendrez peut-être parler d’elle assez souvent (on espère dans le bon sens), dès que cette physicienne sera devenue la première femme PDG d’un groupe du CAC 40 (Engie). Ainsi en a décidé le conseil d’administration, par la voix de Gérard Mestrallet, son…patron (*) actuel. Au-delà de «l’événement de parité » (!) dont se gargarisent les cravatés des grandes entreprises, on passe donc d’un provenço-occitan à une fille de l’Est.

Kocher (le tréma n’est pas indispensable en Alsace ou Lorraine) est en effet un nom de métier d’origine germanique (et scandinave), désignation objective de l’ancêtre qui le portait, formé de la racine ‘koch’ et d’une finale qui marque l’activité (-er, ou -mann). Les Koch, Kocher ou Kochmann sont donc des ‘ouvriers de cuisine’, autrement dit des cuisiniers. Avec le même son -et peu importent les consonnes- vous pouvez mettre dans la même casserole les Kokk (danois ou norvégiens), les Cook (anglais), les Coq (français**), mais aussi les Cuoco (italiens) et les Cocinero (espagnols, très proches de ‘cuisinier’).

Tous ces mots dérivent du verbe originel latin ‘coquere’, cuire, ce qui explique la première version du métier, écrit en ‘coq’ dès le Moyen-Age, qui n’a rien à voir avec le braillard des poulaillers dont le terme vient -précisément, et théoriquement- de l’onomatopée de son cri strident! Le chanteur de ‘cocorico’ (voilà pourquoi il a des noms très différents dans d’autres langues) s’appelait en fait autrefois le ‘gal’ (de gal-linacé), puis le ‘jal’ ou le ‘jaud’ en ancien-français (encore dans certains patois, surtout dans l’Ouest).

De la même façon, ce(tte) Koch(er) n’a aucun point commun avec le meilleur ami de la mouche, le coche (la voiture) ou le cocher (le conducteur), au sens de diligence ou de calèche (sauf en Espagne, pour les automobilistes). En fait, les premiers cochers conduisaient des voitures ‘ouvertes’, avec une simple capote qui servait de ‘niche’ en cas de mauvais temps: c’est le sens exact de ce mot importé du…tchèque au 16ème siècle (kotchi), qui se télescope (au moins étymologiquement) avec une forme de bateau d’origine…néerlandaise, le ‘cogge’, devenu chez nous le coche dit d’eau, barque légère à fond plat conduite non pas par un cocher mais par un nocher (le navigateur, en latin).

Mais terminons par le nom du cuisinier le plus célèbre -au moins auprès des amateurs de musique classique- puisque c’est celui de cet archiviste allemand nommé Ludwig Von Köchel, qui, en 1862, concocta un livre de recettes pour mettre en ordre les bons morceaux écrits par Amadeus Mozart, répertoire numéroté des oeuvres du divin Wolfgang qui porte désormais son nom…Précisons quand même que, d’un tablier à l’autre, Köchel (avec le signe de l’umlaut allemand, cette fois) ou Köchly peuvent également renvoyer à un nom de lieu qui caractérise cette fois un terre-plein ou un monticule. De toutes façons, une sommité. Y compris étymologiquement.

(*) Dérivés du latin ‘mestre’, les Mestral (diminutif Mestrallet) et autres Mistral étaient des officiers chargés de gérer les biens d’un seigneur (parfois, c’est simplement le surnom d’un ‘maitre’ d’art). Dans tous les cas, des cadres!

(**) voir chronique (chronologiquement) précédente sur Queulevée, pour la transformation de coq en queux.


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