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Lesaffre (Fantine)

Lesaffre

Un peu de fraicheur, ça vous dirait? Il va falloir vous accrocher quand même, car c’est pour suivre la coulée de celle qui a littéralement émergé des Championnats d’Europe de natation en s’adjugeant un magistral 400 mètres quatre-nages. Quoi qu’il en soit, si Fantine a déjà tout d’une grande, ce n’est donc pas une gamine et pourtant…

Commençons par ce prénom rare (mais peut-être plus pour longtemps), qui vous rappelle sans doute quelques pages du père Hugo (Victor) puisque c’est celui de ce personnage des ‘Misérables’, blonde sexy (si, si) abandonnée avec sa fille Cosette (*). Et pourtant, Fantine est restée jeune -physiquement- car elle s’appelle…’l’infante’, d’après le même mot latin qui donnera ‘enfant’ en français.

Or, pour un Romain une (ou un) ‘in-fans’ signifie exactement ‘celle ou celui qui ne parle pas’. Dans cette combinaison, le préfixe ‘in-‘ a une valeur (pour une fois) négative, comme dans in-ifugé par exemple (contre le feu); et le ‘-fans’ est le participe présent d’un verbe un peu biscornu qui veut dire parler. Une infante est donc un ‘bébé’ (voir les gamines en robes blanches des peintures de Vélasquez), en tous cas un enfant qui ne maîtrise pas encore la parole. Parfois même un peu plus âgé, pour évoquer le fait que, au sein de la famille, ce membre ’n’a pas encore la parole’ (nuance!).

Pour aller jusqu’au bout des choses et du mot, un double phénomène vient se fixer sur cet ‘infans’ originel: d’un côte une ‘rallonge’ de…diminutif, ce qui nous fait donc ‘infantine’; puis, simultanément (3 syllabes, ça commence à faire long dans le langage populaire) un raccourcissement avec la chute de la partie initiale, nous reste donc Fantine.

Du coup, le patronyme proprement dit de la nageuse va être bien plus facile à décrypter: vous reconnaissez d’emblée une opération d’agglutination (de collage) entre une racine (saffre) et son article (le); le saffre -ou safre- était un qualificatif donné, d’après un mot d’ancien-français, à un goinfre ou un glouton. Il y a quelque chose d’une onomatopée, un son expressif, dans ce ‘saffre’, comme pour ‘bouffe’ ou ‘gouffre’, rien que des ouvertures assez larges pour engloutir toutes sortes de choses.

Signalons au passage qu’un(e) autre ‘safre’ existera temporairement au 13ème siècle, d’après un mot du dialecte provençal de l’époque, un parler alors davantage répandu que le français dans tout le quart sud-est, pour désigner une pierre (précieuse) bleu foncé. Elle n’a pas disparu pour autant, puisque c‘est ce qui permettra d’en extraire le ‘safire’ puis ‘saphir’ moderne!

Conclusion: aucun doute que Fantine ait maintenant son mot à dire dans la natation française; elle l’a prouvé en dévorant les longueurs de bassin dans une eau d’un bleu un peu plus claire, mais quand même…

(*) En fait, Cosette s’appelle à l’origine Euphrasie, version de racine grecque et intello (on n’est pas Hugo pour rien) qui signifie ‘celle qui parle bien’, autrement dit…Causette (Cosette) en français. Sacré Victor!


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