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Miou-Miou

Miou-Miou

Contrairement à ce qu’imaginait un sketch des Inconnus, le prénom de Miou n’est pas Miou, mais elle a plutôt gagné au change grâce à ce surnom inventé par Coluche pour se moquer de la tristesse ‘miolle’ de la jeune tapissière de formation embarquée dans l’aventure de la bande du Café de la Gare. Difficile en effet de faire carrière (sauf peut-être dans la chanson réaliste des années 1930) en s’appelant à l’Etat-Civil Sylvette Herry…

Ce Herry, plus probablement Herri en version originale avant francisation du mot avec un ‘y’ final caractéristique d’un nom de lieu ‘à la parisienne’ (parfois avec un seul ‘r’), est de souche bretonne tout comme les Herrio (ou Herro) et Herriou (ou Herrou). Ce qui tombe bien -mais encore une fois, ce n’est jamais une preuve formelle- puisque ses grands-parents habitaient à Plouénan (Finistère), on ne peut pas faire plus armoricain (1).

Le phénomène linguistique qui est intervenu vous est déjà connu, disons pour simplifier qu’il s’agit de l’alternance (et l’assimilation -la confusion- fréquente) des lettres L/R, ou ici N/R, ce qui va faire de cet ‘herri’ originel notre moderne ‘henri’ français ainsi que le ‘henry’ anglo-saxon, après adaptation d’un ‘henric’ germanique…N’oublions pas, entre autres variantes, le Henrich allemand (dont la version complète donne Heinrich, comme le prénom du sinistre chef SS Himmler); ou encore, en nettement plus ensoleillée, la forme italo-corse Henric(o) que vous connaissez sans doute sous la forme Enrico, après oubli de l’aspiration initiale!

Vous allez me dire, c’est bien gentil mais alors d’où vient ‘henri’? De deux racines germaniques ‘tardives’ (on estime le 10ème siècle, ce qui le met un peu à la fin de la période de formation des noms), soit ‘haim-’ (la maison, déjà signalée ici pour les Ham-elin normands, toutes les communes alsaciennes terminées en -heim et autres ‘home’ anglais) + ‘-ric’, syllabe qui évoque la puissance (et non pas la richesse, bien que les deux soient souvent liées en fin de parcours).

On a donc affaire à un lointain surnom accordé à une ‘maison puissante’, à prendre très probablement au pied du mur (renforcé) et non pas dans sa dimension sociale (comme on a pu parler de maison royale, par exemple), allusion possible au propriétaire d’une construction en pierre (par rapport au bois) ou à un site particulièrement fortifié, la ‘maison’ en question étant cette fois commune.

Ce qui n’a pas forcément profité au saint préposé, un St-Henri…II parfois appelé St-Henri de Germanie, dit encore ‘Le Boiteux’(!), époux improductif (par voeu de chasteté) de Ste Cunégonde (rien que le nom déjà, ça donne pas envie) à la carte de visite chargée: c’est le Patron des couples sans enfants (ben voyons), des personnes handicapées et des personnes rejetées par l’Eglise (aveu inconscient?)…

Je vous ai gardé pour la fin deux Henri un peu différents: le premier est un homonyme, dont l’étymologie n’a rien à voir avec les précédents puisqu’il se rattache cette fois à une souche toujours germanique mais localisée des Vosges à la région lyonnaise, les ‘hari’ (l’armée) + ‘ric’ (puissant); pas besoin d’une explication de texte cette fois, mais ce ‘hariric’-ci va se transformer en Harric, puis Herric et enfin Herriot, patronyme d’un certain Edouard ministre sous la IIIème République et néanmoins maire de…Lyon pendant 47 ans!

Enfin, pour revenir aux ‘vrais’ Heinrich germains, je ne vous ai pas dit que ce prénom avait un ‘hypocoristique’, mot compliqué pour une forme simple maintes fois décrite dans ces articles, qui définit un diminutif affectueux, ce qui va nous donner en l’occurrence…Heinz, comme un certain Henry (pléonasme donc), celui qui invente en 1869 les premiers produits comestibles dans des conserves en verre. Contrairement à la tradition précédente des boites, cela permettra aux acheteurs de voir la texture du contenu, dont un jus à base de vinaigre et d’épices (hors de question à l’époque de parler de tomates, pas considérées comme des légumes, a-fortiori comme des fruits) qui sera vendu sous le nom de…Catsup, la mâchoire trainante et la salive des américains faisant le reste pour finir en eau de ketchup!

(1) Plouénan, contraction de ‘ploé-menoen’, la paroisse de (St) Menoen.

(2) Les consonnes l,m,n,r font partie du même groupe de consonnes dites ‘liquides’, qui demandent quasiment la même position de la bouche pour les prononcer.


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